Macedoine 1

Séjour en Macédoine (2): la Mémoire du Front d’Orient

La raison principale de mon séjour en Macédoine réside dans ma volonté de rendre hommage aux poilus de l’Armée d’Orient qui, entre 1915 et1918 (voire même au delà), se sont battus sur le front des Balkans. Malgré son importance et le nombre de combattants engagés (300 000 Français), malgré les lourdes pertes subies dans cette région (70 000 morts) et le traumatisme qu’engendra cet atroce bilan humain, ce front reste très largement oublié au sein de la Mémoire nationale, principalement centrée sur l’enfer des tranchées et les batailles vécues sur notre sol à Verdun ou dans la Marne.

Il est temps, pour la France, de se souvenir activement des morts de 14-18 tombés en Macédoine (où est restée fixée durant des années la ligne de front jusqu’à la percée finale et la libération de la Serbie) et en Grèce (où se situait, à Thessalonique, l’arrière base française).

C’est pourquoi j’ai participé aux nombreuses cérémonies du 11 novembre rendues en Macédoine la semaine dernière, aux côtés des autorités françaises et de Mme l’Ambassadrice Laurence Auer. J’ai été très ému par la découverte d’immenses nécropoles oubliées où reposent des milliers de dépouilles de soldats français, que ce soit à Thessalonique (8000 tombes) ou Bitola (6000 tombes).

Outre ce travail de mémoire que je souhaite valoriser auprès du gouvernement français (ce sera l’objet d’un prochain billet), j’ai également été très sensible au message symbolique porté par les autorités diplomatiques françaises et allemandes. Ainsi, au cimetière français de Bitola, Mme l’Ambassadrice allemande, Gudrun Steinacker, a prononcé un discours en français tandis que Mme Auer fit de même en allemand au cimetière allemand de Prilep. Alors que dans cette région les nationalismes et les antagonismes historiques restent vifs, l’exemple de la réconciliation franco-allemande peut servir de modèle pour le dépassement des haines au profit de la paix et de la coopération des peuples.

 

Discours de Mme Auer à Prilep

Discours de Mme Steinecker à Bitola

 

 

Hommage au monument aux morts de la nécropole de Thessalonique (Grèce).

Cette ville fut le théâtre du débarquement de l’expédition de Salonique, et accueillit le camp de base français durant toutes ces années. 8000 soldats y reposent dans un cimetière parfaitement entretenu par le Consulat de France et son Consul, M. Christophe Le Rigoleur, que je remercie pour son accueil

Des tombes à perte de vue: la nécropole de Thessalonique

Au cimetière serbe de Bitola, avec le capitaine Beau de la KFOR et le Colonel Michel Richaud de l’Union Nationale des Combattants.

Pour la première fois, l’Ambassade française a décidé de participer aux cérémonies de commémoration dans le cimetière serbe, afin d’avancer sur le chemin de la paix

 

Au cimetière français de Bitola, avec la délégation de l’Union Nationale des Combattants.

Une partie du cimetière de Bitola

 

Modèle de tombe au cimetière français de Bitola. Ici, la croix a été supprimée et un croissant apposé pour respecter les convictions religieuses du soldat, venant d’Afrique du Nord. Plus d’un tiers des combattants du front d’Orient étaient issus des anciennes colonies d’Afrique, notamment les compagnies de spahis, les cavaliers marocains. Nombreux sont ceux qui sont tombés pour la France, et saluer leur mémoire représente, pour moi, un devoir moral catégorique.

 

 

Mme l’Ambassadrice Auer lit son discours en allemand au cimetière allemand de Prilep

 

Sous les yeux de la communauté française, hommage aux morts du cimetière français de Skopje, en compagnie du capitaine Beau, de M. Gérard Colliot et du Colonel Richaud, de l’UNC

La délégation française a également participé aux cérémonies rendues au cimetière britannique de Skopje

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Catégories : À la une, Actualités | par jdc
posté le 11/14/13