IMG-20131109-00223

Séjour en Macédoine (1): Quelles perspectives politiques pour le pays

Chers amis,

je suis rentré lundi d’un séjour de quelques jours en République de Macédoine, où j’ai accompagné une délégation de l’Union Nationale des Combattants, sur la question de la mémoire des soldats français tombés sur le Front d’Orient entre 1915 et1918. Je reviendrai sur ce très beau sujet ultérieurement, car je souhaite ouvrir cette série de billets en abordant la situation politique de la Macédoine en lien avec son environnement régional et européen.

Ce pays, indépendant dès 1991, n’a pas connu les horreurs de la guerre civile yougoslave, mais se retrouve pourtant très proche des enjeux qui agitent les pays de la région. Mosaïque de cultures (slaves, roms, turcs, albanais…), il a su plutôt habilement gérer les tensions multiculturelles internes en octroyant de larges droits aux diverses populations, malgré une crise armée de quelques mois en 2001. Aujourd’hui, ce pays relativement pacifié désire ardemment s’ouvrir vers l’Europe et le Monde en intégrant l’Union Européenne et l’OTAN.

Lors d’un dîner organisé par Mme l’Ambassadrice, Laurence Auer, dont je remercie l’accueil chaleureux, en présence du président de la commission défense, le député Valdimir Gjorchev (VMRO, majorité), et du député de l’opposition social démocrate Emilijan Stankovic (SDSM), j’ai pu discuter longuement des aspirations des élus macédoniens, toutes tendances confondues, à la reconnaissance internationale, à la paix et la sécurité.

Or, aujourd’hui, la situation est bloquée du fait du différent historique qui oppose la Macédoine et la Grèce, cette dernière revendiquant l’intégralité nationale de l’héritage de la Macédoine antique, que la République de Macédoine voudrait s’approprier. Cette tension se cristallise sur le nom du pays, la Grèce refusant de reconnaître le nom de Macédoine et apposant son veto à l’avancée de l’intégration de la Macédoine au sein des institutions internationales.

Lors de mes rencontres ultérieures avec la communauté française dans la capitale, Skopje (cf photo à la une) ou dans la ville de Bitola (cf photo ci dessous), j’ai ressenti la même aspiration à la reconnaissance de ce petit pays des Balkans, qui se situe pourtant au carrefour de nombreuses histoires.

Pour ma part, j’ai défendu l’idée que la paix, réalité fragile et récente dans la région, ne pouvait se construire que par la coopération de tous avec tous. Il m’apparaît ainsi indispensable de dépasser les oppositions historiques et nationalistes, tant du côté grec que macédonien, pour pouvoir renforcer les relations entre pays des Balkans et les intégrer au sein d’un cadre international sécurisant, de manière à contribuer à la stabilité de la région. J’ai donc affirmé auprès de mes interlocuteurs ma disponibilité à aider, en sensibilisant les autorités françaises, à ce qu’un accord puisse être trouvé pour rompre le sentiment d’isolement dont souffrent les macédoniens.

 

Avec la communauté française de Bitola, lors d’une réception organisée par Mme l’Ambassadrice Laurence Auer

Partagez sur facebook

Catégories : À la une, Actualités | par jdc
posté le 11/12/13