Jean David CIOT

Santé : l’heure des choix

J’ai été très heureux de recevoir, en compagnie de Gaëlle Lenfant, candidate dans la 11e circonscription, et de nombreux élus et personnalités locales, le député socialiste Jean-Marie Le Guen, lors de sa venue à Aix-en-Provence le lundi 27 février. Sa présence nous a permis de débattre de l’avenir de notre système de santé et de prendre un peu de hauteur par rapport aux polémiques grossières auxquelles nous habitue, en cette période, le président sortant.

 

Lutter contre la santé à deux vitesses

Il faut dire que lorsque l’on établit le bilan gouvernemental en  matière de santé, on comprend mieux pourquoi la droite tente d’occulter ce thème des débats de campagne ! Car depuis 10 ans, la seule politique qu’elle a su mener a été inspirée par la seule raison économique : diminuer les coûts, au détriment de la qualité de la couverture sanitaire de nos concitoyens. Mais avec, au final, une conclusion impitoyable : le déficit de la Sécurité Sociale et celui de l’Assurance Maladie atteignent aujourd’hui des records ! Il est loin le temps où le régime général était à l’équilibre sous le gouvernement Jospin…

Il n’est d’ailleurs pas étonnant que les médecins, qui penchent pourtant plutôt à droite, sentent qu’il est temps de mettre le « holà » à cette fuite en avant : en 2010, un sondage établissait que seuls 21% d’entre eux étaient satisfaits de la politique du gouvernement. Une défiance historique… Nous ne pouvons continuer dans cette impasse, car notre modèle est à bout de souffle.

 

En premier lieu, les inégalités sociales d’accès aux soins ont fortement progressé. Le renoncement aux soins s’accentue chez les plus pauvres et les seniors, sous le coup des déremboursements (seuls 55% des soins courants sont aujourd’hui pris en charge par la Sécu), de la mise en place de franchises et de forfaits obligatoires, de la généralisation des dépassements d’honoraires et de la hausse des cotisations aux mutuelles complémentaires.

 

Notre système devient donc progressivement un système à deux vitesses. Les pathologies les plus lourdes, peu rentables pour le privé, restent à la charge de l’Etat qui se désengage par ailleurs des soins courants au profit des mutuelles complémentaires payantes. Cette politique est en réalité économiquement inefficace. Plus les individus attendent pour se faire soigner et plus ils développeront des pathologies lourdes, qui se révèleront extrêmement coûteuses en termes de prise en charge. La prévention et l’accès régulier aux soins tout au long de la vie restent les politiques les plus économes.

Je sais que c’est cette orientation que privilégie François Hollande, qui s’est notamment engagé à prendre des mesures fortes visant à l’ encadrement des dépassements d’honoraires, afin de juguler cette dérive inflationniste qui pénalise les patients et les comptes publics.

 

Lutter contre la désertification médicale

Le deuxième grand échec de la politique de Nicolas Sarkozy se manifeste à travers la progression irrésistible des déserts médicaux, en zone rurale mais également dans les quartiers populaires les plus défavorisés. Nous savons que dans les prochaines années, le nombre global de généralistes et de certains spécialistes (ophtalmo, ORL) va décroître. La 14e circonscription est déjà touchée par ce déclin. Le nord du pays d’Aix est ainsi considéré comme une zone à faible densité médicale, ce qui pose un grand problème pour la continuité du service public sur ces territoires.

 

Or en fermant des établissements publics de proximité, le gouvernement ne fait qu’amplifier ce phénomène. Les mesures qu’il a privilégiées, dans le cadre de la loi HPST, pour favoriser l’implantation des médecins dans les zones mal couvertes ont été un échec. Car le problème est plus large : c’est globalement le mode traditionnel d’exercice de la médecine qui est en crise. Les jeunes professionnels ne veulent plus travailler seuls, sur la base d’horaires et de revenus trop flexibles. Il faut regrouper les praticiens, sur la base de mesures incitatives, et expérimenter de nouveaux modes de rémunération (salariat, forfait) aux côtés du paiement à l’acte.

 

Défendre l’Hôpital public

Enfin, je tiens à souligner ce qui est à mes yeux un des points les plus noirs du bilan du Président sortant : la misère de l’hôpital public. J’ai eu l’occasion de le voir concrètement lors de ma visite à l’Hôpital d’Aix : nos urgences sont saturées, les crédits indispensables aux investissements de modernisation ne sont pas alloués, les moyens sont en baisse… La tarification à l’activité atteint maintenant ses limites : il faut réformer ce système, importé des Etats-Unis où il est pourtant loin d’avoir fait ses preuves, qui place nos hôpitaux et leurs missions de service public sous la coupe de la recherche exclusive de la rentabilité économique. François Hollande s’y est clairement engagé, là aussi, comme nous l’a rappelé Jean-Marie Le Guen.

 

Si je suis élu député, vous pourrez compter sur moi pour accompagner avec détermination les grandes initiatives réformistes que prendra François Hollande pour – car nous en sommes là – organiser le sauvetage de notre système de santé.

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Catégories : Positions | par jdc
posté le 03/6/12