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Ondes électromagnétiques: une étude récente doit nous inciter à la précaution

J’ai pris connaissance avec beaucoup d’intérêt d’une étude récente relative aux conséquences d’un usage intensif du portable. Certes, une étude seule ne peut prétendre à l’exhaustivité scientifique, mais les conclusions de cette recherche, ajoutées à d’autres, nous indiquent une nouvelle fois l’absence de consensus scientifique sur l’impact des ondes sur la santé des individus.

C’est pourquoi il est nécessaire de poursuivre nos efforts pour adopter une démarche de précaution en renforçant notre cadre législatif sur cette question. Malgré le vote en 1ere lecture en janvier à l’Assemblée d’une proposition de loi – que j’avais considérée comme très timorée – trop de questions restent en suspens. Je pense notamment à la nécessité de protéger les jeunes enfants des sources de rayonnement électromagnétiques et d’éviter de leur part un usage trop précoce des téléphones portables.

 

Alerte sur l’usage intensif du portable

 

LE MONDE | • Mis à jour le | Par Paul Benkimoun

 

Une étude pointe le risque accru de tumeurs cérébrales pour les utilisateurs intensifs du portable, c'est-à-dire ceux qui passent une demi-heure par jour au téléphone.

L’usage intensif des téléphones portables pourrait favoriser la survenue de tumeurs cérébrales bénignes ou malignes. Une étude publiée dans la revue Occupational and Environmental Medicine vendredi 9 mai et réalisée par des chercheurs français établit l’existence d’un lien chez les utilisateurs intensifs.

 

Gaëlle Coureau (Institut de santé publique, d’épidémiologie et de développement, université de Bordeaux) et ses collègues ont mené une enquête épidémiologique dans quatre départements – Calvados, Gironde, Hérault et Manche – pour examiner le rôle des facteurs liés à l’environnement et au travail dans la survenue de tumeurs primitives du système nerveux central (SNC) chez l’adulte.

Ils ont utilisé les données de 447 personnes atteintes de tumeurs bénignes ou malignes du SNC (253 gliomes et 194 méningiomes), diagnostiquées entre juin 2004 et mai 2006. Ces données ont été croisées avec celles d’un effectif deux fois plus important de sujets pris au hasard dans la population.

Il n’y a pas de différence statistiquement significative entre utilisateurs et non-utilisateurs de mobile. En revanche, une association positive avec le développement de gliomes ou de méningiomes a été identifiée chez les personnes ayant téléphoné au moins 896 heures au cours de leur vie ainsi que, pour les gliomes uniquement, chez celles ayant accumulé plus de 18 360 communications.

CONTROVERSES

Les auteurs reconnaissent que leur étude ne permet pas de définir un niveau de risque d’apparition de tumeurs. Mais l’association Priartem, qui milite contre les dangers des radiofréquences, souligne que l’usage intensif tel que le définit l’étude (plus de 896 heures cumulées) correspond à plus de 15 heures par mois, « c’est-à-dire une demi-heure par jour, ce que dépassent aujourd’hui largement de très nombreux utilisateurs, et notamment les plus jeunes ».

Les effets délétères possibles du téléphone mobile font l’objet de vives controverses. L’étude internationale Interphone avait mis en évidence en 2010 l’augmentation des gliomes (tumeurs pouvant être bénignes ou malignes) chez les sujets étudiés ayant cumulé la plus grande durée d’utilisation (au moins 1 640 heures) au cours de leur vie. Les études de l’équipe suédoise de Lennart Hardell sont aussi allées dans le sens d’un tel effet. Mais la méthodologie de ces différents travaux ne fait pas l’unanimité. A l’inverse, d’autres équipes n’ont pas conclu à l’existence d’une telle association, mais leur financement par les opérateurs de téléphonie a semé le doute.

Au-delà de ces débats, la démonstration de la nocivité des portables est compliquée par plusieurs facteurs. L’utilisation du téléphone mobile est une pratique récente. Les appareils ont changé, émettant moins de radiofréquences, mais le nombre d’utilisateurs a explosé et l’usage intensif, notamment chez les jeunes, est plus répandu. La lenteur du développement de certaines tumeurs cérébrales, comme les méningiomes, ne permet pas encore une réponse complète avec certitude.

Paul Benkimoun
Journaliste au Monde

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Catégories : À la une, Actualités | par jdc
posté le 05/15/14