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Le vivre-ensemble républicain au coeur de mes voeux de député

Chers amis,

je vous remercie d’être venus nombreux pour ma cérémonie des voeux 2015 de député. En ces temps difficiles, il était important que nous puissions nous retrouver autour de nos valeurs républicaines et dialoguer tous ensemble. J’ai tenu à vous livrer l’état de mes réflexions sur le devenir de notre vivre-ensemble et de notre pays, en affirmant ma confiance en notre destin commun. Au-delà, je suis heureux d’avoir pu partager, ensemble, un moment convivial et fraternel.

Vous trouverez ci dessous mon discours dans son intégralité.

 

JDC Voeux Provence

 

 

 

Discours des vœux 2015

Salle Europia – Jeudi 15 janvier

M. le Député Jean-David Ciot

Discours des vœux Jean David Ciot 2015

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Mes chers amis, Mesdames, Messieurs,

 

C’est avec une certaine émotion que je vous retrouve nombreux ce soir pour cette cérémonie des vœux un peu particulière au regard de l’actualité effroyable qui a secoué notre pays au plus profond de lui-même, au-delà de toutes les origines, de toutes les orientations politiques, et des sensibilités de chacun.

La question s’est bien entendue posée d’annuler cette cérémonie, mais j’ai tenu à la maintenir pour en faire un moment où nous puissions de nouveau nous retrouver pour démontrer notre unité et notre attachement à la République, notre attachement à la France. J’ai, avec vous, une pensée très émue pour les 17 victimes des attentats de la semaine dernière.

Je vous remercie chaleureusement d’être venus. Je tiens à saluer notamment les élus présents, de tous bords politiques, les conseillers départementaux et régionaux. Je suis heureux également de retrouver tous mes amis. Je salue les responsables des associations et personnalités de la société civile présents. J’ai également une pensée affectueuse à l’égard de ma suppléante, nouvellement élu conseillère municipale et communautaire d’Aix, Noëlle CICCOLINI-JOUFFRET.

Je voudrais enfin remercier l’équipe de la Salle Europia et M. Gérard SAMOUL, qui nous accueillent dans cette belle salle, en nous témoignant une grande gentillesse.

Il s’agit également, ce soir, d’un moment plus particulier pour moi, car je me retrouve face à vous, mes amis, à la moitié de mon mandat, deux ans et demi après mon élection. Oui, cela fait en effet déjà deux années que vous m’avez permis, par votre courage, votre générosité, de marcher, en compagnie de Noëlle, sur les pas de notre êtres chers, Louis PHILIBERT et Félix CICCOLINI, pour représenter au Parlement notre magnifique pays d’Aix.

Mais, rassurez vous, je ne reviendrai pas sur le bilan de ce mi-mandat, que je vous ai déjà présenté en septembre au Puy Sainte Réparade. Je voudrais surtout, ce soir, aborder avec vous l’avenir de notre pays et vous faire partager, malgré les moments difficiles que nous traversons, ma confiance dans le destin de la France.

Il y a deux ans, je vous avais exprimé ma foi dans une société ouverte, une société rejetant l’égoïsme, l’intolérance et la tentation du repli sur elle même. Malgré la gravité de la crise, malgré les tensions qui parcouraient la société française, j’étais déjà convaincu que la France se perdrait si elle empruntait le chemin périlleux de la fermeture et de la peur des autres.

Notre grande Nation n’a, en effet, jamais pensé que son regard devait se limiter à ses clochers, à ses frontières. Elle n’a jamais envisagé un autre destin que celui de regarder vers le monde et d’ouvrir un dialogue universel avec les hommes et les femmes de tous les continents.

Et c’est heureux ! Si les populations du monde entier ont réagi à l’attentat contre Charlie Hebdo en témoignant d’une solidarité sans faille avec le peuple français, c’est parce qu’elles savent ce qu’elles doivent au combat historique de nos philosophes, de nos cinéastes, de nos poètes, de nos journalistes pour défendre la liberté, et particulièrement la liberté d’expression.

Si le peuple de France s’est rassemblé si nombreux dimanche, dans toutes les villes du pays, c’est parce qu’il est viscéralement lié à cette liberté et cette fraternité universelles qui fondent notre République. Nous devons saluer cette formidable mobilisation et exprimer notre fierté d’avoir participé, pour les aixois, à la plus grande marche jamais connue dans notre ville et ainsi d’avoir démontré l’unité de la communauté nationale ici, en pays d’Aix. Je veux ainsi vous remercier vous tous, élus, militants, citoyens, pour la dignité, l’émotion et la gravité dont vous avez tous fait preuve.

Pourtant, après ce grand moment d’émotion, il nous faudra ouvrir, en responsabilité, le débat sur l’avenir de notre vivre-ensemble républicain. Hier comme aujourd’hui, des voix s’élèvent pour témoigner, en paraphrasant Sigmund Freud, d’un certain « malaise dans la civilisation »,

Je pense sincèrement que nous ne devons pas laisser le débat sur les valeurs et la cohésion de notre société aux seuls penseurs d’une identité refermée. Il nous faut ouvrir cette discussion pour rompre avec le récit de ceux qui mettent en scène un repli national sur une identité qui serait assiégée par des cultures différentes, donc hostiles.

Je ne crois pas à ce schéma là. En revanche, nous ne pouvons que constater la progression de ce que Laurent Bouvet appelle une « insécurité culturelle », et notre devoir de républicains, de progressistes, est d’y répondre.

La France est une société multiculturelle qui doit éviter de sombrer dans le communautariste en respectant chaque citoyen. Elle est traversée aujourd’hui par un profond malaise qui fait que l’expression libre de sa pluralité culturelle et sociale génère des tensions et des crispations.

J’entends une partie de mes amis politiques qui me disent que ce malaise ne tire ses racines que dans un tissu économique délabré, le chômage de masse, le spectre du déclassement qui hante les classes moyennes, et la perte de l’espérance dans l’avenir.

Cela est en partie vrai, mais n’explique pas tout. Dans les pays nordiques, la protection sociale a été très largement préservée à un haut niveau, et le chômage combattu efficacement. Et pourtant, en Norvège où il n’y a que 3,4% de sans emplois, il y a eu le massacre d’Anders Breivik. Au Danemark, l’extrême droite a participé au gouvernement avec un discours très dur. En Suède, le parti d’extrême droite vient d’obtenir 13% des suffrages.

C’est bien qu’il existe un profond désarroi dans le monde dit « occidental », un morcellement de nos identités qui ont de plus en plus de difficultés à cohabiter et à se comprendre, malgré nos efforts, et malgré la force de notre système d’intégration confronté à une société devenue bien trop consumériste.

L’identité, l’immigration, le droit de vote des étrangers, la laïcité, le droit à la prière dans des lieux de cultes décents, sont désormais des sujets à part entière dans l’espace public. Notre responsabilité collective est d’y répondre, sans craindre le débat, car notre pays doit avoir confiance dans sa capacité à relever ces défis et se rassembler autour d’une nouvelle espérance collective, commune et partagée.

Au cours de ces deux années, j’ai en effet rencontré, dans tous les villages et quartiers de la 14ème circonscription, une incroyable diversité de talents, une formidable richesse humaine, dont fourmillent la France et le pays d’Aix. Contrairement aux déclinologues de tous horizons, j’ai la fierté de croire que nous pouvons construire une grande Nation moderne et prospère où chacun pourra trouver sa place et surtout son espérance.

Certes, la France est affaiblie car elle affronte une crise mondiale d’ampleur historique, et doit surmonter de profonds blocages. Mais nous n’abdiquerons pas devant l’adversité. Aucune fatalité ne nous condamnera à sortir de l’Histoire et oublier ce qui fait aujourd’hui la grandeur de notre pays.

Notre pays est riche, aussi doit-il être solidaire. Il est le berceau millénaire d’une intense créativité culturelle, qui a fait de nous des hommes libres et émancipés dans une société maîtresse de son destin. Je me suis battu pour défendre le statut des intermittents – et nous avons été entendus par le Premier Ministre – car notre pays ne doit pas perdre cette exception qui fait sa force. La culture, c’est notre liberté face à tous les obscurantismes, c’est cette énergie formidable qui fait vibrer notre Nation et offre aux femmes et aux hommes l’accès à la création et à l’innovation.

L’innovation, c’est elle qui s’exprime également à travers les millions d’entreprises qui vivent sur notre sol et garantissent notre prospérité. A Rousset, à Cadarache, à l’Arbois, dans le numérique, la micro-électronique, les énergies renouvelables ou les biotechnologies, je vois s’éclore des milliers de projets innovants, des technologies de pointe portées par de jeunes entrepreneurs enthousiastes, à la fois rêveurs, inventifs et pragmatiques. Je vois des laboratoires de recherche de pointe qui développent des produits et des idées d’une inventivité stupéfiante, préparant ainsi le monde de demain. Leur ambition n’est pas de devenir milliardaire (et tant mieux s’ils le sont), mais tout simplement de participer à l’amélioration de notre monde et de notre société.

L’entreprise, telle que je la vois, doit ressembler à cela. Elle doit façonner l’avenir de nos territoires, former les jeunes aux métiers du futur, et créer les richesses et les emplois qui permettront à chacun de trouver sa place dans la société et de faire vivre la solidarité.

Pendant longtemps, le travail a pu établir des formes d’aliénation sociales. Cette époque doit s’inscrire désormais derrière nous car le développement économique ne peut plus se faire en broyant les hommes. Il doit retrouver sa vocation première, historique, lorsque le marché permettait l’expression des choix individuels et la liberté politique, et qu’il était combattu par les pouvoirs totalitaires. N’oublions pas, comme le souligne Amartya Sen, que l’économie doit fondamentalement demeurer un vecteur d’émancipation, et non d’asservissement.

Les penseurs les plus libéraux ont pu affirmer, par le passé, que l’économie pouvait se passer de l’humain, que ce dernier se réduisait au rang de simple capital, malléable et mobilisable. Or ce que j’observe en parcourant les entreprises du pays d’Aix, en défendant l’emploi à ST Microelectronics, à Areva, dans les petites PME de l’énergie ou du BTP, c’est que nos entrepreneurs, notre territoire et notre pays peuvent s’appuyer sur une formidable communauté de salariés formés, motivés, éduqués, qui sont devenus le principal atout du développement économique.

En tant que Vice Président à l’Enseignement Supérieur et la Recherche à la Communauté du Pays d’Aix, je suis très admiratif de l’intelligence collective qui se dégage de nos universités et de nos laboratoires. Comment avoir peur de l’avenir, comment ne pas croire dans notre destin collectif lorsque l’on voit ce qui s’invente, se crée et se forme au sein de nos universités et de nos grandes écoles, qui doivent faire l’objet de toutes nos attentions ?

C’est tout le défi que nous devons relever pour notre jeunesse, celui de reconnaître l’excellence de sa formation en brisant les plafonds de verre et en lui permettant d’accéder à l’emploi, notre priorité. Nos jeunes ne demandent qu’une chose : travailler pour mettre leurs compétences au service de la Nation, et accéder ainsi à l’autonomie et l’émancipation. Plus qu’un revenu, l’emploi des jeunes, quelles que soient leurs qualifications ou leurs origines sociales, est la condition indispensable d’un accès à l’estime de soi, à la citoyenneté, la liberté et donc à la République.

Dans notre pays, il y a, j’en suis convaincu, une place pour les aspirations de chacun. Je ne vois pas quelles entraves, autre que celles que nous créons nous mêmes, par égoïsme, par intolérance, par peur, pourraient nous empêcher d’inventer un avenir meilleur pour nous et nos enfants. Nous sommes en crise, certes, et pourtant notre richesse continue à croître. Nous connaissons des difficultés, et pourtant nous continuons à investir dans nos services publics, notre système de santé, l’un des meilleurs du monde. A Aix, nous nous battons aux côtés du Centre Hospitalier pour obtenir les fonds afin d’investir, d’élargir le plateau technique, d’améliorer la prise en charge des plus fragiles, de nos seniors, de tous ceux que la maladie affecte.

Nous vivons de mieux en mieux, de plus en plus longtemps, et en pays d’Aix, dans un environnement préservé. Certes, du chemin reste à faire, pour diminuer la pollution et lutter contre le mitage périurbain, mais je suis plutôt rassuré par la manière dont nous avons collectivement pris conscience de l’urgence écologique. Depuis les années 1970, grâce notamment aux militants de l’environnement, nous avons su nous ressaisir et permettre la protection des terres et du patrimoine naturel et agricole, comme nous le faisons si bien autour de la Sainte Victoire, notre montagne si symbolique. Nous avons su faire valoir la légitimité du principe de précaution, par exemple sur le dossier des antennes relais avec l’examen en dernière lecture à l’Assemblée de la loi sur les ondes électromagnétiques à la fin du mois.

N’oublions pas, mes amis, que nous vivons dans un beau pays, regorgeant de ressources, de vitalité et d’espoirs, un pays de râleurs, certes, mais capable de se ressaisir lors des instants les plus graves, un pays entendu dans le monde entier, un pays que nombreux nous envient.

Je crois, et nous devons continuer à croire, au Progrès. Malgré les dérives qui ont pu l’accompagner, notamment dans ses conséquences écologiques et sa capacité à donner à l’humanité les moyens potentiels de sa propre destruction, le progrès reste le moteur de l’Histoire. Il est une porte sur l’avenir, il offre un espoir à nos enfants.

Nous devons avoir confiance en nous, et je garde la foi dans l’idée que nos lendemains seront meilleurs que les jours présents.

Aujourd’hui, si je dois formuler un vœu en cette nouvelle année, le progrès, pour moi, serait que nos jeunes, privés de repères, plutôt que de partir en quête de sens et d’existence dans de lointaines contrées au service d’idéologies barbares, restent parmi nous pour devenir les héros pacifiques de la République de demain.

Notre Nation souffre aujourd’hui dans sa chair, mais elle a beaucoup d’espérance à nous offrir. Soyons ambitieux, confiants, et, à vous tous, je vous souhaite de trouver votre place au sein de notre belle Communauté Nationale, égalitaire et fraternelle.

Je vous souhaite une excellente année 2015

Vive la République et vive la France !

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Catégories : À la une, Actualités | par jdc
posté le 01/16/15