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la loi sur l’Enseignement Supérieur et la Recherche: une avancée importante

il y a deux semaines, l’Assemblée Nationale a adopté définitivement le projet de loi sur l’Enseignement Supérieur et la Recherche, contribuant ainsi à renforcer la structuration de ce monde professionnel, notamment en l’orientant vers des objectifs stratégiques à l’échelle européenne. C’est ce qu’a exprimé la Ministre Geneviève Fioraso au Collège de France, en ma présence, lors de sa présentation de l’Agenda stratégique de la recherche.

Je vois plusieurs avancées intéressantes dans ce texte. En premier lieu, cette loi propose des mesures pour améliorer le statut des jeunes chercheurs et des précaires. Cela fait longtemps que je suis indigné par le sort réservé aux doctorants et vacataires de l’enseignement supérieur qui, malgré des qualifications extrêmement élevées, sont particulièrement maltraités symboliquement et matériellement. La loi poursuit les efforts engagés depuis plusieurs années dans le sens d’une professionnalisation du doctorat, demandée par les organisations de jeunes chercheurs. Elle s’attaque également en partie à la résorption des emplois précaires.

Cette loi s’attache également à développer la professionnalisation de notre système universitaire, qui produit un nombre de docteurs structurellement supérieur au volume de postes académiques (seuls un tiers des docteurs sont recrutés dans ce secteur). Cela ne doit pour autant pas nous conduire à diminuer le nombre de docteurs en formation, qui représentent une richesse et une chance pour notre pays, mais à favoriser leur insertion dans des postes hautement qualifiés. Cela n’est pas le cas aujourd’hui, si l’on considère l’état avancé de déclassement et de marginalisation que subissent les jeunes docteurs et doctorants. Aussi, je vois avec intérêt l’inscription dans la loi des missions de transfert, qui me semblent appuyer le nécessaire rapprochement du monde universitaire avec celui de la recherche et de l’innovation en entreprise. Loin de représenter une « marchandisation » du savoir universitaire, ce type de coopération contribuera à la valorisation des recherches doctorales à leur juste valeur. Parallèlement, nos entreprises et nos collectivités ont impérativement besoin de cette intelligence pour innover.

J’estime donc que nous allons globalement dans la bonne direction. Il nous faut, je le dis souvent, nous améliorer dans le rapprochement local des relations entre universités, laboratoires, collectivités, entreprises et instances de formation. Sans ces écosystèmes locaux, nous ne pourrons construire les conditions d’un développement économique et social durable.

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Catégories : À la une, Actualités | par jdc
posté le 07/25/13