Jean David CIOT

Il faut soutenir les Centres de Santé Mutualistes

Je ne pouvais parler des enjeux généraux de santé sans aborder un sujet trop peu médiatisé mais pourtant fondamental pour le devenir de la couverture sanitaire du département : celui des Centres de Santé Mutualistes des Bouches-du-Rhône, et celui d’Aix en particulier, qui luttent actuellement pour leur survie.

 

Un réseau essentiel pour 200 000 patients

Depuis l’après guerre, existe dans le Département un réseau d’œuvres sociales et sanitaires, historiquement lié à la mouvance progressiste, porté par le mouvement mutualiste, et dont le gestionnaire est aujourd’hui le Grand Conseil de la Mutualité. Ce réseau comprend notamment 11 centres de santé polyvalents, dont un situé dans le centre d’Aix-en-Provence. Ces centres reçoivent 200 000 patients par an, autour d’un plateau technique élargi (médecine générale, dentaire, ophtalmo, pédiatrie…), accessible au plus grand nombre du fait d’une pratique « sociale » de la médecine. Les médecins y sont salariés et rémunérés sur les tarifs les plus bas (secteur 1), la pratique du tiers payant y est obligatoire, le public CMU est reçu sans discrimination… Il s’agit ainsi du 2e réseau départemental d’offre de soins, derrière l’Assistance Publique des Hôpitaux de Marseille, et 1200 personnes y travaillent.

Dans certaines zones défavorisées du département, urbaines comme rurales, où la densité médicale est particulièrement faible, le centre de santé mutualiste apparaît comme la seule offre de soins facilement accessible. Ainsi 52% de la population de Port de Bouc, 33% de celle de Miramas, 48% de celle de Berre ou encore 83% des habitants de Port St-Louis fréquentent leur centre de proximité.

 

Vous pouvez donc aisément vous rendre compte de l’importance capitale que revêt ce réseau de soins pour la préservation de la qualité de vie de nos concitoyens. Or la poursuite de son activité est aujourd’hui menacée en raison de graves difficultés financières.

 

Un réseau aujourd’hui menacé

En effet, depuis novembre 2011, le Grand Conseil de la Mutualité est en redressement judiciaire suite à un déficit chronique. Je partage l’inquiétude des médecins, du personnel, des usagers, ainsi que des collectivités locales qui, toutes tendances confondues, ont apporté leur soutien à l’organisation. Tous les acteurs sont aujourd’hui d’accord pour demander la tenue d’une Table Ronde, sous l’autorité de l’Etat. Celle-ci doit se tenir le plus tôt possible.

 

Même si le Grand Conseil est une structure privée à but non lucratif, son action s’inscrit clairement dans les missions du service public de santé. Il faut que les pouvoirs publics trouvent, en partenariat, des solutions adaptées pour pérenniser le fonctionnement des centres de santé. A l’heure où la modernisation de la médecine implique un renouvellement de la réflexion sur l’exercice collectif de la pratique ou sur la mise en place de modes de rémunération alternatifs au paiement à l’acte, je ne peux comprendre que les structures qui développent déjà ces innovations soient menacées.

 

J’apporte donc mon soutien aux Centres de Santé, et notamment au Centre Médical Mutualiste d’Aix, à ses 12 000 patients annuels et ses 45 salariés. Elu député, je prendrai très vite les initiatives qui s’imposent pour relancer le processus de concertation avec l’Etat pour faire aboutir ce dossier avec la plus grande diligence.

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Catégories : Positions | par jdc
posté le 03/6/12