11 novembre 3

Commémoration du 8 mai

En tant que député-maire du Puy Ste Reparade, j’ai présidé les commémorations de l’armistice de 1945 dans mon village.

Je vous invite à retrouver ci dessous le discours que j’ai prononcé à cette occasion

 

 

DISCOURS DE Jean-David CIOT

DÉPUTÉ – MAIRE

68e ANNIVERSAIRE

DE LA FIN DE LA 2e GUERRE MONDIALE

Mercredi 8 Mai 2013 (10h à St Canadet)

 

Monsieur Le Conseiller général (excusé)

Monsieur le Président des Anciens Combattants,

Monsieur le Commandant de Gendarmerie,

Monsieur le Capitaine des Pompiers,

Monsieur le représentant du CCFF,

Mesdames et Messieurs les élus,

Mesdames et Messieurs les représentants des forces civiles et militaires,

Mesdames et Messieurs

A vous nos enfants du village,

 

Nous nous retrouvons tous ensemble aujourd’hui pour nous recueillir en mémoire des combattants et disparus de la deuxième guerre mondiale.

 

Le 8 mai 1945 était signé l’acte de capitulation de l’Allemagne nazie, marquant ainsi la fin des combats qui ravageaient l’Europe depuis 5 ans. Durant cette période, la guerre et son cortège d’horreurs s’étaient insinués partout, sur le front, mais aussi au plus profond des villes et villages de France. Les divisions, la peur et l’oppression avaient plongé notre pays dans des ténèbres comme rarement il en avait connus dans sa longue histoire.

Quel bilan atroce pour ce 2e conflit mondial… Près de 25 millions de soldats disparus, et tant.., et tant de civils tués !

Tel l’indigne numéro tatoué sur le bras des victimes des camps, le chiffre, encore incertain, de 40 à 55 millions de vies civiles perdues, demeure inscrit à jamais dans la mémoire collective. En véritables usines de la mort, les camps de concentration et d’extermination avaient quasiment industrialisé le dessein génocidaire du nazisme.

Tant de vies achevées brutalement et de familles détruites ! Résistants, enfants, femmes, vieillards, innocents, « mal nés » aux yeux aveuglés d’une idéologie meurtrière, qu’ils soient juifs, homosexuels, tziganes handicapés ou tout simplement différents…

Le drame de la Shoah restera le grand traumatisme du 20e siècle en Europe, et je fais le vœu qu’il ne soit jamais oublié dans l’histoire de l’humanité.

Illustration de cette cicatrice toujours vive, l’ouverture en septembre 2012 du Mémorial du Camp des Milles à Aix-en-Provence a permis de montrer au grand jour la réalité d’un enfermement qui avait lieu souvent dans l’indifférence.

Il est à ce jour le seul grand camp français d’internement et de déportation encore intact et accessible au public. Il avait accueilli à partir de 1939, “sous autorité française”, environ 10 000 prisonniers de 38 nationalités différentes, dont une partie a été déportée vers des camps d’extermination.

Il témoigne certes de l’expérience du pire, mais aussi des résistances et de l’action des Justes. C’est un lieu d’éducation au respect de l’autre et à la vigilance contre l’engrenage des racismes, des extrémismes et des fanatismes qui menacent toujours l’humain.

La disparition récente de grandes figures de cette sombre période, Raymond AUBRAC, Stéphane HESSEL, ou encore Gisèle GUILLEMOT, a rappelé à tous, et notamment aux plus jeunes, qu’au pire du règne de la barbarie, des femmes et des hommes se sont levés et se lèveront encore pour la défense de la dignité humaine.

 

Après 1945, les plus éminents philosophes ont tenté de surmonter leur incompréhension face au déferlement de haine qui a frappé des Nations pourtant parmi les plus lettrées du Monde, mères des plus grands poètes et penseurs contemporains. Hannah ARENDT concluait ainsi de manière inquiétante à l’existence d’une « banalité du mal », qui sommeille en chacun de nous.

C’est pourquoi, depuis près de 70 ans, les Nations européennes et mondiales ont engagé des efforts historiques de rapprochement pour que plus jamais un tel conflit se reproduise.

La France et l’Allemagne, ensemble,  œuvrent constamment à une coopération fraternelle, en consolidant des passerelles aussi bien sur le plan économique, industriel, de l’éducation, de l’innovation que de l’aide aux pays en voie de développement. Début 2013, les deux pays ont célébré le cinquantenaire du Traité de l’Elysée signée en 1963 par De Gaulle et Adenauer. Je me suis rendu, à cette occasion avec mes collègues députés, au Bundestag à Berlin pour siéger avec nos homologues allemands. Cet anniversaire dépasse le symbole : il traduit une réelle volonté partagée et concrétisée depuis toutes ces années, de consolider un socle de coopération garant de la paix en Europe.

 

Si, près de 7 décennies plus tard, nous évoquons avec toujours autant de détermination ce qu’a été la seconde guerre mondiale pour la France et pour l’Europe, c’est bien que la liberté et la tolérance sont des valeurs infiniment fragiles.

Elles sont souvent mises à mal par les frilosités des uns et des autres, par la pauvreté, par la peur des lendemains, la tentation du repli sur soi, du rejet et du bouc émissaire … C’est pour en défendre la modernité que nous sommes également rassemblés aujourd’hui.

 

C’est en effet un message d’action mais aussi de vigilance que nous souhaitons adresser à nos enfants aujourd’hui.

 

Ce travail de transmission est assumé par la République, la famille, par l’école républicaine, les Historiens et les Anciens combattants, très actifs dans les communes du pays d’Aix et notamment au Puy. Ils sont un véritable rempart contre toute tentation de l’oubli, de la banalisation, du relativisme et du révisionnisme, qui font le lit de la recrudescence des actes racistes et antisémites qui minent notre société. Je souhaite ici, au nom du Conseil municipal et en tant que député de la République, saluer solennellement leur action et leur fidélité aux soldats puéchens disparus.

Je remercie aussi tous les corps de métiers qui concourent à l’assise  de nos valeurs fondatrices ; celles de liberté, d’égalité et de fraternité.

 

Ce matin, nous rendons collectivement un hommage sincère aux victimes mais aussi aux survivants de cette tragédie mondiale, à leurs familles, à tous ceux qui sont parvenus à se reconstruire,  résilients du XXe siècle. Nos pensées se tournent vers nos concitoyens, notamment puéchens, décédés au cours de ce second conflit mondial. Que nos enfants, nos petits-enfants et leurs descendants conservent à jamais le souvenir de leur dévouement et du prix du sang qu’ils ont payé pour notre liberté.

 

Je vous remercie de votre attention,

Vive la paix, vive la République, vive la France

 

 

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Catégories : À la une, Actualités | par jdc
posté le 05/16/13