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Commémoration du 11 novembre

J’ai participé aux commémorations du 11 novembre sur ma commune du Puy Ste Réparade, et dans le village voisin de St Estève. Pour la première fois, nous avons rendu hommage non seulement aux morts de la Grande Guerre, mais également à tous les morts pour la France, quel que soit le lieu et l’époque.

Je vous invite à retrouver ci dessous le discours que j’ai prononcé à cette occasion, devant les anciens combattants du Puy, les enfants des écoles, et les habitants du village.

discours du 11 novembre 2012

DISCOURS DE JEAN-DAVID CIOT
DEPUTE D’AIX ET DU PAYS D’AIX
MAIRE DU PUY STE REPARADE

94e ANNIVERSAIRE DE L’ARMISTICE DE 1914-1918
11 Novembre 2012
Monument aux Morts du Puy Ste Reparade

Messieurs les représentants des Anciens Combattants du Puy-Sainte-Réparade et de St Estève Janson,
Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames et Messieurs les représentants des forces de la sécurité civile,
Messieurs les élèves du Lycée militaire d’Aix-en-Provence
Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs
A vous, nos enfants du village,

En ce 11 novembre 2012, nous sommes ici devant le Monument aux Morts de notre village pour commémorer le 94ème anniversaire de la fin de la Première Guerre Mondiale de 14-18.

Presque cent ans après l’armistice du 11 novembre 1918, notre mémoire collective garde encore le souvenir de la meurtrissure de ce conflit, dont la violence et la durée ont traumatisé pour toujours le continent européen.

Au cœur de l’enfer glacial des tranchées, sous le sombre éclat de la lune rougeoyante, nos « poilus » nous ont donné une exceptionnelle leçon de dévouement, de dépassement, d’humanisme et de fraternité. Pour notre Nation, ces hommes – et ces femmes, mobilisées à l’arrière du front – n’ont jamais cessé d’animer, même aux pires moments, le feu de la liberté et de l’espérance ; et la promesse de lendemains heureux.

Je veux leur exprimer ici, au Puy Ste Réparade, toute la reconnaissance de la République. Je pense particulièrement au courage des enfants du village qui sont tombés au front ou en sont revenus, à jamais bouleversés.

Car ce conflit a changé à jamais l’histoire. Pour la première fois, les peuples d’Europe, d’Amérique, d’Asie, du Moyen Orient furent plongés ensemble dans la longue nuit de la guerre. Jamais jusqu’alors le monde n’avait pris conscience, avec une telle force, de ce sentiment que Paul Valéry résuma en concluant que « nous autres, civilisations, savons maintenant que nous sommes mortelles ». Cette hantise de sa propre finitude par l’humanité confère à chacun de nous une lourde responsabilité éthique, car nous savons que le monde peut une nouvelle fois se risquer au bord de l’abîme, et y basculer, comme entre 1940 et 1945.

C’est pourquoi, pour la 1ère année, nous allons également, ensemble, rendre hommage à tous les Morts pour la France, pour la Liberté, soldats d’une même République, enfants d’une même Nation, qui ont fait le don de leur vie il y a un siècle, une décennie ou quelques jours.

Ainsi le 11 novembre puise toute sa signification dans l’absolu devoir de mémoire que nous devons pérenniser et devient, sans rien retirer aux autres jours de commémoration, le jour de recueillement et de reconnaissance pour tous les soldats tombés au champ d’honneur.

La menace de la guerre a quitté nos terres depuis plus de 60 ans, et il est heureux que notre pays et ses voisins vivent désormais en paix. La défense de notre pays et de ses couleurs s’est désormais professionnalisée avec la suppression du service militaire obligatoire, et l’armée est devenue, pour la plus jeune génération, un concept assez lointain et obscur.
Cette paix est pourtant fragile. L’Humanité ne s’est jamais pleinement débarrassée des oripeaux de la guerre, de la xénophobie, du nationalisme et des égoïsmes meurtriers. Le fracas des armes, même atténué, résonne encore à nos oreilles. Alors que notre siècle débute à peine, notre armée multiplie les interventions là où la barbarie menace de l’emporter, là où les droits de l’homme chancellent sous le poids de la haine. Je pense à nos soldats qui risquent leur vie pour préserver la paix au Kosovo, en Lybie, en Afghanistan, au Liban, dans le golfe de Somalie, ou encore en Côte d’Ivoire.

Je veux saluer le sacrifice passé et présent de tous ces soldats qui bravent le danger pour préserver la liberté partout dans le monde. Le temps des héros n’est pas révolu, ils sont nombreux encore ceux dont la noblesse du dévouement appelle de notre part une immense gratitude.

J’ai toujours éprouvé une foi inébranlable en l’humanité, en sa capacité à surmonter ses déchirures et ses plaies, pour favoriser l’avènement d’un monde meilleur, de paix et de prospérité.

Mais cette noble ambition ne peut s’établir sans l’impérieuse nécessité de commémoration. Une Nation amnésique de ses heures les plus sombres, s’oublie comme Nation. La Mémoire nationale n’est ni repentance, ni souffrance, ni fascination morbide pour le passé. Elle est ce qui lie nos ainés avec les plus jeunes, elle est transmission, héritage. Elle est l’esprit de la France, l’encre avec laquelle s’écrit le Roman National.

Ce souvenir doit être vivant, alerte, tourné vers le passé autant que vers l’avenir. Je suis très attaché à la permanence du lien entre l’armée et sa Nation. Il s’agit pour moi d’une exigence morale. A l’heure où le retour du nationalisme assombrit l’horizon de nos sociétés, cette entreprise éthique trace la voie de la société ouverte, fondée sur la tolérance et le respect mutuel.

Je me félicite chaque année de la présence de nombreux enfants du village à cette cérémonie et c’est à eux que j’ai pensé lorsque j’ai rédigé mon discours. Ils auront demain la responsabilité de notre héritage. Ce matin, je salue les élèves de l’école de la Quiho qui entonnent la Marseillaise, perpétuant la mémoire de leurs arrières grands parents et des Anciens Combattants de la Grande Guerre.

Je remercie chaleureusement les Anciens combattants présents parmi nous, pour leur remarquable travail de mémoire et de transmission.

Je vous remercie d’être venus si nombreux pour rendre l’hommage de la Nation et de notre village que nos morts méritent.

Vive la paix, vive la République, vive la France

Jean-David CIOT
Député-Maire du Puy-Sainte-Réparade

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Catégories : À la une, Actualités | par jdc
posté le 11/12/12