coupe de la lavande

Pour un nouveau modèle agricole

Maire d’un village rural, je suis naturellement très attaché à la préservation des activités agricoles qui contribuent à la qualité et l’identité de notre terroir. Dans la période actuelle, il nous faut ainsi redoubler de vigilance, car les menaces qui pèsent sur l’agriculture locale se font plus intenses. Le secteur est en effet en crise et notre département, gros producteur de fruits et légumes, en subit les conséquences de plein fouet.
Les producteurs victimes de la crise et des excès de la libéralisation

Les producteurs sont confrontés conjoncturellement à une diminution spectaculaire de leur revenu depuis 2008, mais également à un affaiblissement structurel de leur activité. Sur les 10 dernières années, dans les Bouches-du-Rhône, le nombre d’exploitations a baissé ; la surface agricole utilisée a diminué, notamment pour les cultures dominantes (maraichage et arboriculture) ; moins de salariés travaillent dans le secteur, avec de nombreux problèmes sociaux liés aux insuffisances des niveaux de retraites et des minima sociaux pour garantir une vie décente aux exploitants et leurs familles.

Au-delà de l’impact réel de la crise économique sur la baisse de la consommation de viande, fruits et légumes, par les ménages français, le secteur agricole est également victime des excès d’une libéralisation économique qui intensifie la pression concurrentielle sur les productions intensives que nous exportons, et les rend particulièrement dépendantes de la fluctuation des prix, très volatiles en cette période. J’en veux pour preuve la chute en 2008 des cours du lait et des céréales qui a fortement fragilisé les revenus des exploitants. A ce propos, je ne peux que dénoncer la fuite en avant opérée par le gouvernement français, qui a accepté, au cours des négociations européennes, l’affaiblissement des mécanismes de régulation (comme les quotas laitiers) qui pouvaient encore exister et protéger nos débouchés.

 

Je souhaite également souligner la menace que fait peser localement sur les terres agricoles la pression d’une urbanisation non maîtrisée, qui encourage la spéculation foncière et rend problématique le maintien des usages agricoles au profit des investissements immobiliers. Le grignotage des campagnes par la péri urbanisation incontrôlée est un grave problème, notamment dans le pays d’Aix. Là encore, alors que cette situation demande l’intervention et la régulation par les pouvoirs publics locaux, la seule réponse apportée est celle de l’immobilisme.

 

Des solutions existent

Je ne m’en satisfais pas. Car les solutions existent. Nous pouvons inciter l’installation des jeunes générations par la mise en place d’aides spécifiques. Il est également possible de soutenir les filières courtes par le renforcement des labellisations existantes, en faisant le pari de la proximité et de la qualité au détriment des importations de produits sans goût. Les collectivités pourraient également mettre en place des critères géographiques dans les appels d’offre relatifs aux cantines scolaires par exemple.

 

Au niveau européen et international, il faudra changer de modèle et remettre la régulation au cœur de l’échange agricole. Les prix devront être sécurisés et l’emploi doit devenir un critère de référence pour l’attribution des aides européennes.

 

L’exemple du Puy-Sainte-Réparade

Le démantèlement de notre agriculture, pilier historique de la Nation, n’est pas une fatalité dès lors que l’on s’inscrit dans l’action volontariste. Dans le pays d’Aix, ma commune du Puy-Sainte-Réparade est ainsi la seule ville avec Rousset et Vauvenargues où la Surface Agricole Utilisée ait progressé en 10 ans alors qu’elle a diminué dans le Département, et notamment sur la ville d’Aix en Provence, de 670 hectares, contrairement aux engagements pris par l’équipe municipale actuelle.

 

Je pense donc avoir démontré par les actes mon attachement à la ruralité et mon efficacité à la défendre. J’espère que le monde agricole prendra conscience que seule la gauche est capable de défendre efficacement ses intérêts dans un contexte de mondialisation et de concurrence intensive.

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Catégories : Positions | par jdc
posté le 03/2/12