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Visite du Centre de Documentation Historique de l’Algérie

A l’invitation du Président Joseph Perez, j’ai visité vendredi dernier le Centre de Documentation Historique de l’Algérie, accompagné par Noëlle Ciccolini-Jouffret et mon ami Edouard Baldo. J’ai été très impressionné par le travail considérable mené par les animateurs et salariés de l’association pour constituer un fonds documentaire dont la densité et la variété sont remarquables. Le moindre document de l’époque, aussi banal puisse t-il être (une feuille de paie, un ticket de bus) y est collecté, interprété, minutieusement étudié pour reconstituer l’ensemble de la vie sociale, économique et culturelle de l’Algérie de l’époque.

Le CDHA a vu le jour en 1974 pour répondre aux vœux des rapatriés, désireux de faire vivre leur mémoire, ainsi qu’aux aux souhaits des chercheurs. Le Centre a été fondé par Mme Charles Vallin (ancienne vice-présidente de l’Assemblée Algérienne) et Mlle Pasquier-Bronde, et présidé alors par Félix Ciccolini, sénateur Maire d’Aix-en-Provence. Il est reconnu d’utilité publique le 30 septembre 1985, puis s’installe dans les locaux de la maison du Maréchal Juin (150 m²).

Le CDHA compte 3 salariés, 2 bibliothécaires-documentalistes, une chargée de communication, ainsi que 40 bénévoles. Leur abnégation permet à l’association de constituer un fonds riche de milliers de documents (18 000 références documentaires, 100 000 photos, 10 000 quotidiens, 15 000 livres) recueillis par acquisition ou dons. Ce patrimoine considérable est à disposition des visiteurs, notamment des universitaires (30 chercheurs sont venus depuis janvier 2013).

Ce volume considérable d’archives est trop important pour l’exiguïté des locaux actuels. C’est pourquoi  le CDHA a créé une Fondation en 2010 destinée à financer la moitié du coût de la construction d’un Conservatoire national pour la mémoire des Français d’Afrique du Nord.  Ce projet, qui s’installerait à côté de la maison du Maréchal Juin, pourrait stocker dans des conditions optimales l’ensemble des archives, en éviter la dégradation naturelle, et valoriser ce fonds au travers d’exposition, de salles de conférences, de salles de lecture…

J’ai été séduit par cette idée, et je m’emploierai à la défendre auprès du Ministère délégué aux anciens combattants, afin qu’elle puisse voir le jour. Avec les archives de l’outre mer, Aix deviendrait ainsi un Pôle majeur d’archive et d’histoire tourné vers la Méditerranée, et contribuerait, même modestement, au travail de mémoire indispensable pour aborder avec sérénité cette partie de notre histoire nationale.

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Catégories : À la une, Actualités | par jdc
posté le 06/28/13