Le Pôle judiciaire abordé en séance à l’Assemblée Nationale

Avec mon collègue Christian Kert, nous avons respectivement interrogé le gouvernement, mardi matin, lors d’une séance de Questions Orales sans débat, sur le devenir du Pôle Judiciaire d’Aix.

J’ai ainsi demandé au gouvernement de s’engager pour sécuriser le montage juridique et le financement de la construction du Pôle par la municipalité, afin de débuter sans attendre les travaux.

Vous trouverez ci dessous l’intégralité de mon intervention et de celle de Christian Kert, ainsi que la réponse du Ministre du Travail François Rebsamen, au nom de la Ministre de la Justice.

 

 

Questions orales sans débat
Avenir du pôle judiciaire d’Aix-en-provence

Mardi 27 janvier 2015

Denis Baupin, président

Les deux questions suivantes, posées par M. Jean-David Ciot et M. Christian Kert, portent sur le même thème : l’avenir du pôle judiciaire d’Aix-en-Provence.

Les deux députés ayant donné leur accord, ainsi que le Gouvernement, je donnerai successivement la parole à M. Ciot, à M. Kert et à M. le ministre du travail, de l’emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social, qui répondra globalement aux deux questions. Les deux députés pourront ensuite répliquer.

La parole est à M. Jean-David Ciot, pour exposer sa question no 818.

Jean-David Ciot

La ville d’Aix-en-Provence, qui accueille la deuxième cour d’appel et le dix-huitième tribunal de grande instance de France, assume historiquement d’importantes fonctions judiciaires. Elle occupe donc une place centrale au niveau régional comme sur l’ensemble du territoire national. Or les infrastructures immobilières qui accueillent les différentes juridictions sont aujourd’hui considérablement dégradées, insuffisamment sécurisées et surtout très éclatées. Elles ne permettent plus à la justice d’assurer dignement ses missions de service public. Dans le même temps, le nombre de détenus et d’affaires à instruire ne cesse de progresser.

Partageant ce constat, les élus de tous bords ont, dès 2005, soutenu un vaste projet immobilier visant à reloger plusieurs juridictions dans un nouveau bâtiment. Ce projet, qui a été réduit en 2010, en responsabilité, afin d’en diviser le coût par deux, est donc attendu avec beaucoup d’impatience, depuis près d’une décennie, par toute la communauté judiciaire d’Aix-en-Provence.

En mars 2013, interrogée par mes soins, Mme la garde des sceaux avait pris l’engagement écrit, face à l’urgence de la situation, que les travaux démarreraient dès 2014. Malheureusement, à notre plus grand regret, cet engagement a été démenti à l’automne 2014, suite à l’annonce d’arbitrages budgétaires défavorables au projet aixois.

En conséquence, alors que les professionnels de la justice expriment fortement leur désarroi devant la précarité des conditions de travail dans lesquelles ils tentent de rendre la justice, la ville d’Aix-en-Provence étudie la possibilité de financer sans plus tarder les travaux de reconstruction en recourant à un emprunt exceptionnel ultérieurement remboursé par l’État.

Aussi, ma question est la suivante : le ministère peut-il dès à présent s’engager afin d’assurer la sécurisation juridique du montage envisagé par la municipalité et de garantir la réalisation rapide du nouveau tribunal de grande instance d’Aix-en-Provence, et se déclarer favorable au remboursement de l’emprunt a posteriori par l’État ?

Denis Baupin, président

La parole est à M. Christian Kert, pour exposer sa question no 829.

Christian Kert

Mon collègue Jean-David Ciot a bien présenté les enjeux de ces travaux. Permettez-moi d’insister, monsieur le ministre, sur l’éparpillement des structures judiciaires dans la ville d’Aix-en-Provence,…

François Rebsamen, ministre du travail, de l’emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social

Tout à fait !

Christian Kert

…suite à la démolition partielle de l’ancien TGI. De ce fait, la justice est rendue dans de très, très mauvaises conditions. Il faut que les services de Mme la garde des sceaux en prennent conscience. Il me semble que la Chancellerie ne se rend pas compte que le volume des affaires traitées par la cour d’appel d’Aix-en-Provence est l’un des plus importants de France et que Mme la garde des sceaux n’a pas pris la mesure de la situation critique que connaît la communauté judiciaire de la ville.

Par ailleurs, je voudrais insister sur un point que Jean-David Ciot n’a pas soulevé : alors même qu’il revenait sur le financement des travaux à Aix-en-Provence, le ministère de la justice participait au financement d’autres TGI de moindre importance quantitative – je ne parle bien sûr pas de la qualité de la justice qui y est rendue – comme à Digne, dans les Alpes-de-Haute-Provence, ou encore, exemple des plus symboliques, à Tulle, où personne semble-t-il ne demandait la réouverture d’un TGI mais où, ô miracle, on a trouvé le financement nécessaire à cette opération.

François Rebsamen, ministre du travail, de l’emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social

C’est normal qu’il y ait des miracles à Tulle !

Christian Kert

C’est pourquoi Jean-David Ciot et moi, députés d’Aix-en-Provence, demandons que l’arbitrage qui nous a été imposé en cours d’exercice budgétaire soit revu. Mon collègue rappelait que la ville, très sensible à la situation judiciaire du TGI, avait accepté de faire un effort financier pour la réalisation du projet. Il nous paraîtrait inconvenant que le ministère de la justice ne suive pas l’exemple de la ville d’Aix-en-Provence.

Denis Baupin, président

La parole est à M. le ministre du travail, de l’emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social, pour répondre à ces deux questions.

François Rebsamen, ministre du travail, de l’emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social

Monsieur Ciot, monsieur Kert, je vous remercie de vos questions et je vous prie d’excuser l’absence de Mme la garde des sceaux, qui participe actuellement, aux côtés du Président de la République, à une cérémonie en mémoire des déportés au camp d’Auschwitz, dont nous commémorons aujourd’hui le soixante-dixième anniversaire de la libération. La garde des sceaux m’a demandé de vous faire savoir qu’elle ne sous-estime bien évidemment pas la difficulté rencontrée par la communauté judiciaire d’Aix-en-Provence.

Compte tenu des difficultés fonctionnelles des juridictions d’Aix-en-Provence, il avait été décidé en 2005 de construire un nouveau palais de justice. Le site Carnot a été retenu et cette opération a été confiée à l’Agence publique pour l’immobilier de la justice, l’APIJ. Afin de lancer effectivement ce projet, la garde des sceaux l’a fait inscrire dans la programmation budgétaire.

Pour que ce projet aboutisse, la démolition des bâtiments existants et la reconstruction d’un nouvel immeuble sont nécessaires. La réalisation de cette opération immobilière s’élève à 48,7 millions d’euros et nécessite, il est vrai, des « opérations tiroirs » assez classiques, en plusieurs phases, avec le relogement provisoire de certains services. Le tribunal pour enfants et les services civils ont déjà déménagé dans des bâtiments modulaires installés sur le site Pratési en octobre 2009. Quant aux services du parquet, ils ont été relogés en 2013, également dans des bâtiments modulaires, ce qui a permis la démolition des bâtiments de l’ancien tribunal de grande instance.

L’effort d’économie budgétaire engagé par le Gouvernement, auquel le ministère de la justice contribue malgré les opérations que vous avez rappelées, monsieur Kert, et qui n’ont pas la même ampleur que celle d’Aix-en-Provence, a contraint la garde des sceaux à reporter ce projet au prochain budget triennal, afin de lui assurer un financement sécurisé à la hauteur des crédits nécessaires. Le projet lui-même, qui est d’ailleurs, me dit-elle, de grande qualité, n’est nullement remis en cause. Je rappelle que les budgets triennaux sont négociés lors des années paires : dès 2016, vous aurez donc une visibilité sur ce projet qui est, pour la garde des sceaux, une priorité.

En revanche, afin d’améliorer les conditions de travail des personnels et d’accueil des justiciables et de financer un programme d’entretien, la garde des sceaux a décidé de financer dès cette année des mesures conservatoires à hauteur de 400 000 euros.

Enfin, s’agissant de la proposition de financement de la commune d’Aix-en-Provence, la garde des sceaux me demande de vous confirmer que les services de la Chancellerie en examinent attentivement la faisabilité juridique et financière, car une telle opération n’est pas fréquente. En effet, la proposition de la municipalité ne consiste pas en une contribution classique au financement du projet, ce qui en réduirait le coût pour l’État, mais en une avance de fonds remboursable par l’État, avec des intérêts qui renchérissent le coût global du projet. Je ne dis pas que cette proposition n’est pas intéressante, mais je rappelle que, budgétairement, un tel endettement est consolidé dans la dette globale des administrations publiques, dont les collectivités territoriales font partie.

En conclusion, la garde des sceaux tient à vous rassurer quant à l’avenir de ce projet, élaboré en concertation avec les élus locaux. Il faudra trouver les modalités de financement les plus sécurisées pour le réaliser, tout en préservant la volonté de redressement des finances publiques du Gouvernement.

– Denis Baupin, président

La parole est à M. Jean-David Ciot.

– Jean-David Ciot

Je remercie la garde des sceaux de rappeler qu’elle avait pris ces engagements. Il faudra qu’ils soient tenus. L’existence d’un délai était supportable par les personnels tant que l’éparpillement des services était provisoire. Or la réalisation du projet est maintenant reportée à une date extrêmement lointaine.

Pour aller plus vite, la ville d’Aix-en-Provence propose d’avancer les fonds nécessaires, d’autant que la garde des sceaux, dont vous vous êtes fait le porte-parole, monsieur le ministre, a confirmé qu’elle est favorable à ce projet, y compris en 2016. Nous pourrions gagner deux ans, ce qui serait très important pour les personnels. Cela ne ferait qu’avancer la réalisation du projet, qui se fera de toute façon. J’espère donc que les services juridiques de la Chancellerie rendront un avis positif.

– François Rebsamen, ministre du travail, de l’emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social

Moi aussi !

– Denis Baupin, président

La parole est à M. Christian Kert.

– Christian Kert

Je rejoins les propos de mon collègue. Monsieur le ministre, nous sommes satisfaits d’entendre que Mme la garde des sceaux a bien pris en compte la proposition de la ville. Bien entendu, il convient de vérifier la faisabilité du montage, mais cette opportunité doit être saisie. Tous les professionnels d’Aix-en-Provence appellent notre attention sur les très mauvaises conditions dans lesquelles la justice est actuellement rendue. Il faut que nous joignions tous nos efforts pour trouver une solution la plus rapide possible.

Projet de loi Macron: mes inquiétudes sur la marchandisation du droit français

En amont de l’examen du projet de loi Macron, j’avais attiré l’attention du Ministre de l’Economie sur un risque important qui, à mon sens, était induit dans les dispositions relatives aux professions règlementées. En effet, je craignais que la loi n’induise une tendance à la marchandisation du droit français qui est, par tradition, très éloigné de l’approche anglo-saxonne. Or je suis convaincu que notre conception historique du droit garantit plus étroitement ses missions de service public que la tradition de “common law”.

L’un des éléments qui fonde la qualité de ce service rendu par les professions règlementées repose notamment sur la capacité de ces dernières à sécuriser juridiquement les actes et documents qu’elles produisent. Il semble ainsi difficile d’envisager de modifier la structuration de leur régime statutaire sans affaiblir la fiabilité de leurs interventions. En dehors de la fonctionnarisation de ces professions, ce qui apparaît inenvisageable, aucune solution ne présente la même légitimité que le modèle actuel.

Or la loi Macron amorce une logique de libéralisation, et la marchandisation de cette activité qui en résulterait ouvrirait la voie à une insécurité juridique conséquente et menacerait la protection des plus faibles.

C’est pourquoi j’ai défendu, en vain, des amendements en commission pour revenir sur cette décision. Cohérent avec mes positions, je défendrai ces mêmes amendements en séance, dès la semaine prochaine.

L’Hôpital d’Aix dans l’attente de la décision de l’Etat

J’ai assisté, hier, à la cérémonie des vœux du Directeur de l’Hôpital d’Aix-Pertuis, Joël Bouffies, au personnel de l’établissement.

Après un émouvant hommage rendu par l’ensemble de la communauté hospitalière aux médecins et agents disparus cette année, le dossier de rénovation et d’extension de l’Hôpital a été abordé par la direction avec l’espoir qu’une décision positive soit rendue dès cette année.

En effet, ce dossier, que j’ai soutenu à l’Assemblée Nationale car indispensable à l’amélioration et l’élargissement de l’offre de soins disponible en pays d’Aix, est désormais en instruction devant le COPERMO (Comité Interministériel de Performance et de la Modernisation de l’Offre de Soins) qui devrait se prononcer en mars. J’ai de nouveau récemment indiqué à la Ministre de la Santé, Marisol Touraine, toute l’attention que j’y apportais, et mon souhait d’une validation nationale la plus rapide possible.

 

2015-01-20 13.10.28

 

Audience solennelle de rentrée du Tribunal de Grande Instance

J’étais ce matin dans les locaux du TGI avenue Pratesi pour l’audience de rentrée du Tribunal, sous la présidence de M. Michel Allaix.

Parmi les dossiers importants sur lesquels sont revenus les autorités judiciaires lors de cette audience, la question de la construction du Pôle Judiciaire a été évoquée, ainsi que les conséquences de la loi Macron sur le statut des avocats.

Sur le Pôle Judiciaire, j’avais publiquement déploré la décision du Ministère de reporter le projet, faute de financements. Vu l’urgence et la dégradation matérielle des locaux provisoires, il était nécessaire d’engager le plus vite possible cette opération qui traîne depuis plus de 10 ans. C’est pourquoi, avec le député Christian Kert, j’avais écrit à Manuel Valls pour lui demander de revenir sur cet arbitrage regrettable (cf ci dessous). De la même manière, j’ai apporté mon soutien à la décision votée à l’unanimité par le conseil municipal d’Aix d’autoriser la ville à étudier la possibilité de financer les travaux immédiatement à travers un emprunt exceptionnel remboursé ultérieurement par l’Etat. J’ai écrit à Christiane Taubira à ce sujet, pour que le Ministère puisse valider juridiquement cette solution, et je compte dès la semaine prochaine reposer une question orale au gouvernement sur ce sujet.

En ce qui concerne la réforme du statut des avocats, j’y reviendrai plus longuement dans un billet spécifique, où je ferai état de la discussion parlementaire, de mes inquiétudes concernant l’évolution de notre droit dans une direction plus “anglo-saxonne” favorable à la marchandisation des services publics, et du sort des amendements que j’ai défendus en commission pour éviter ces tendances.

 

Courrier Kert Ciot - Valls p1 Courrier Kert Ciot - Valls p2

Le vivre-ensemble républicain au coeur de mes voeux de député

Chers amis,

je vous remercie d’être venus nombreux pour ma cérémonie des voeux 2015 de député. En ces temps difficiles, il était important que nous puissions nous retrouver autour de nos valeurs républicaines et dialoguer tous ensemble. J’ai tenu à vous livrer l’état de mes réflexions sur le devenir de notre vivre-ensemble et de notre pays, en affirmant ma confiance en notre destin commun. Au-delà, je suis heureux d’avoir pu partager, ensemble, un moment convivial et fraternel.

Vous trouverez ci dessous mon discours dans son intégralité.

 

JDC Voeux Provence

 

 

 

Discours des vœux 2015

Salle Europia – Jeudi 15 janvier

M. le Député Jean-David Ciot

Discours des vœux Jean David Ciot 2015

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Mes chers amis, Mesdames, Messieurs,

 

C’est avec une certaine émotion que je vous retrouve nombreux ce soir pour cette cérémonie des vœux un peu particulière au regard de l’actualité effroyable qui a secoué notre pays au plus profond de lui-même, au-delà de toutes les origines, de toutes les orientations politiques, et des sensibilités de chacun.

La question s’est bien entendue posée d’annuler cette cérémonie, mais j’ai tenu à la maintenir pour en faire un moment où nous puissions de nouveau nous retrouver pour démontrer notre unité et notre attachement à la République, notre attachement à la France. J’ai, avec vous, une pensée très émue pour les 17 victimes des attentats de la semaine dernière.

Je vous remercie chaleureusement d’être venus. Je tiens à saluer notamment les élus présents, de tous bords politiques, les conseillers départementaux et régionaux. Je suis heureux également de retrouver tous mes amis. Je salue les responsables des associations et personnalités de la société civile présents. J’ai également une pensée affectueuse à l’égard de ma suppléante, nouvellement élu conseillère municipale et communautaire d’Aix, Noëlle CICCOLINI-JOUFFRET.

Je voudrais enfin remercier l’équipe de la Salle Europia et M. Gérard SAMOUL, qui nous accueillent dans cette belle salle, en nous témoignant une grande gentillesse.

Il s’agit également, ce soir, d’un moment plus particulier pour moi, car je me retrouve face à vous, mes amis, à la moitié de mon mandat, deux ans et demi après mon élection. Oui, cela fait en effet déjà deux années que vous m’avez permis, par votre courage, votre générosité, de marcher, en compagnie de Noëlle, sur les pas de notre êtres chers, Louis PHILIBERT et Félix CICCOLINI, pour représenter au Parlement notre magnifique pays d’Aix.

Mais, rassurez vous, je ne reviendrai pas sur le bilan de ce mi-mandat, que je vous ai déjà présenté en septembre au Puy Sainte Réparade. Je voudrais surtout, ce soir, aborder avec vous l’avenir de notre pays et vous faire partager, malgré les moments difficiles que nous traversons, ma confiance dans le destin de la France.

Il y a deux ans, je vous avais exprimé ma foi dans une société ouverte, une société rejetant l’égoïsme, l’intolérance et la tentation du repli sur elle même. Malgré la gravité de la crise, malgré les tensions qui parcouraient la société française, j’étais déjà convaincu que la France se perdrait si elle empruntait le chemin périlleux de la fermeture et de la peur des autres.

Notre grande Nation n’a, en effet, jamais pensé que son regard devait se limiter à ses clochers, à ses frontières. Elle n’a jamais envisagé un autre destin que celui de regarder vers le monde et d’ouvrir un dialogue universel avec les hommes et les femmes de tous les continents.

Et c’est heureux ! Si les populations du monde entier ont réagi à l’attentat contre Charlie Hebdo en témoignant d’une solidarité sans faille avec le peuple français, c’est parce qu’elles savent ce qu’elles doivent au combat historique de nos philosophes, de nos cinéastes, de nos poètes, de nos journalistes pour défendre la liberté, et particulièrement la liberté d’expression.

Si le peuple de France s’est rassemblé si nombreux dimanche, dans toutes les villes du pays, c’est parce qu’il est viscéralement lié à cette liberté et cette fraternité universelles qui fondent notre République. Nous devons saluer cette formidable mobilisation et exprimer notre fierté d’avoir participé, pour les aixois, à la plus grande marche jamais connue dans notre ville et ainsi d’avoir démontré l’unité de la communauté nationale ici, en pays d’Aix. Je veux ainsi vous remercier vous tous, élus, militants, citoyens, pour la dignité, l’émotion et la gravité dont vous avez tous fait preuve.

Pourtant, après ce grand moment d’émotion, il nous faudra ouvrir, en responsabilité, le débat sur l’avenir de notre vivre-ensemble républicain. Hier comme aujourd’hui, des voix s’élèvent pour témoigner, en paraphrasant Sigmund Freud, d’un certain « malaise dans la civilisation »,

Je pense sincèrement que nous ne devons pas laisser le débat sur les valeurs et la cohésion de notre société aux seuls penseurs d’une identité refermée. Il nous faut ouvrir cette discussion pour rompre avec le récit de ceux qui mettent en scène un repli national sur une identité qui serait assiégée par des cultures différentes, donc hostiles.

Je ne crois pas à ce schéma là. En revanche, nous ne pouvons que constater la progression de ce que Laurent Bouvet appelle une « insécurité culturelle », et notre devoir de républicains, de progressistes, est d’y répondre.

La France est une société multiculturelle qui doit éviter de sombrer dans le communautariste en respectant chaque citoyen. Elle est traversée aujourd’hui par un profond malaise qui fait que l’expression libre de sa pluralité culturelle et sociale génère des tensions et des crispations.

J’entends une partie de mes amis politiques qui me disent que ce malaise ne tire ses racines que dans un tissu économique délabré, le chômage de masse, le spectre du déclassement qui hante les classes moyennes, et la perte de l’espérance dans l’avenir.

Cela est en partie vrai, mais n’explique pas tout. Dans les pays nordiques, la protection sociale a été très largement préservée à un haut niveau, et le chômage combattu efficacement. Et pourtant, en Norvège où il n’y a que 3,4% de sans emplois, il y a eu le massacre d’Anders Breivik. Au Danemark, l’extrême droite a participé au gouvernement avec un discours très dur. En Suède, le parti d’extrême droite vient d’obtenir 13% des suffrages.

C’est bien qu’il existe un profond désarroi dans le monde dit « occidental », un morcellement de nos identités qui ont de plus en plus de difficultés à cohabiter et à se comprendre, malgré nos efforts, et malgré la force de notre système d’intégration confronté à une société devenue bien trop consumériste.

L’identité, l’immigration, le droit de vote des étrangers, la laïcité, le droit à la prière dans des lieux de cultes décents, sont désormais des sujets à part entière dans l’espace public. Notre responsabilité collective est d’y répondre, sans craindre le débat, car notre pays doit avoir confiance dans sa capacité à relever ces défis et se rassembler autour d’une nouvelle espérance collective, commune et partagée.

Au cours de ces deux années, j’ai en effet rencontré, dans tous les villages et quartiers de la 14ème circonscription, une incroyable diversité de talents, une formidable richesse humaine, dont fourmillent la France et le pays d’Aix. Contrairement aux déclinologues de tous horizons, j’ai la fierté de croire que nous pouvons construire une grande Nation moderne et prospère où chacun pourra trouver sa place et surtout son espérance.

Certes, la France est affaiblie car elle affronte une crise mondiale d’ampleur historique, et doit surmonter de profonds blocages. Mais nous n’abdiquerons pas devant l’adversité. Aucune fatalité ne nous condamnera à sortir de l’Histoire et oublier ce qui fait aujourd’hui la grandeur de notre pays.

Notre pays est riche, aussi doit-il être solidaire. Il est le berceau millénaire d’une intense créativité culturelle, qui a fait de nous des hommes libres et émancipés dans une société maîtresse de son destin. Je me suis battu pour défendre le statut des intermittents – et nous avons été entendus par le Premier Ministre – car notre pays ne doit pas perdre cette exception qui fait sa force. La culture, c’est notre liberté face à tous les obscurantismes, c’est cette énergie formidable qui fait vibrer notre Nation et offre aux femmes et aux hommes l’accès à la création et à l’innovation.

L’innovation, c’est elle qui s’exprime également à travers les millions d’entreprises qui vivent sur notre sol et garantissent notre prospérité. A Rousset, à Cadarache, à l’Arbois, dans le numérique, la micro-électronique, les énergies renouvelables ou les biotechnologies, je vois s’éclore des milliers de projets innovants, des technologies de pointe portées par de jeunes entrepreneurs enthousiastes, à la fois rêveurs, inventifs et pragmatiques. Je vois des laboratoires de recherche de pointe qui développent des produits et des idées d’une inventivité stupéfiante, préparant ainsi le monde de demain. Leur ambition n’est pas de devenir milliardaire (et tant mieux s’ils le sont), mais tout simplement de participer à l’amélioration de notre monde et de notre société.

L’entreprise, telle que je la vois, doit ressembler à cela. Elle doit façonner l’avenir de nos territoires, former les jeunes aux métiers du futur, et créer les richesses et les emplois qui permettront à chacun de trouver sa place dans la société et de faire vivre la solidarité.

Pendant longtemps, le travail a pu établir des formes d’aliénation sociales. Cette époque doit s’inscrire désormais derrière nous car le développement économique ne peut plus se faire en broyant les hommes. Il doit retrouver sa vocation première, historique, lorsque le marché permettait l’expression des choix individuels et la liberté politique, et qu’il était combattu par les pouvoirs totalitaires. N’oublions pas, comme le souligne Amartya Sen, que l’économie doit fondamentalement demeurer un vecteur d’émancipation, et non d’asservissement.

Les penseurs les plus libéraux ont pu affirmer, par le passé, que l’économie pouvait se passer de l’humain, que ce dernier se réduisait au rang de simple capital, malléable et mobilisable. Or ce que j’observe en parcourant les entreprises du pays d’Aix, en défendant l’emploi à ST Microelectronics, à Areva, dans les petites PME de l’énergie ou du BTP, c’est que nos entrepreneurs, notre territoire et notre pays peuvent s’appuyer sur une formidable communauté de salariés formés, motivés, éduqués, qui sont devenus le principal atout du développement économique.

En tant que Vice Président à l’Enseignement Supérieur et la Recherche à la Communauté du Pays d’Aix, je suis très admiratif de l’intelligence collective qui se dégage de nos universités et de nos laboratoires. Comment avoir peur de l’avenir, comment ne pas croire dans notre destin collectif lorsque l’on voit ce qui s’invente, se crée et se forme au sein de nos universités et de nos grandes écoles, qui doivent faire l’objet de toutes nos attentions ?

C’est tout le défi que nous devons relever pour notre jeunesse, celui de reconnaître l’excellence de sa formation en brisant les plafonds de verre et en lui permettant d’accéder à l’emploi, notre priorité. Nos jeunes ne demandent qu’une chose : travailler pour mettre leurs compétences au service de la Nation, et accéder ainsi à l’autonomie et l’émancipation. Plus qu’un revenu, l’emploi des jeunes, quelles que soient leurs qualifications ou leurs origines sociales, est la condition indispensable d’un accès à l’estime de soi, à la citoyenneté, la liberté et donc à la République.

Dans notre pays, il y a, j’en suis convaincu, une place pour les aspirations de chacun. Je ne vois pas quelles entraves, autre que celles que nous créons nous mêmes, par égoïsme, par intolérance, par peur, pourraient nous empêcher d’inventer un avenir meilleur pour nous et nos enfants. Nous sommes en crise, certes, et pourtant notre richesse continue à croître. Nous connaissons des difficultés, et pourtant nous continuons à investir dans nos services publics, notre système de santé, l’un des meilleurs du monde. A Aix, nous nous battons aux côtés du Centre Hospitalier pour obtenir les fonds afin d’investir, d’élargir le plateau technique, d’améliorer la prise en charge des plus fragiles, de nos seniors, de tous ceux que la maladie affecte.

Nous vivons de mieux en mieux, de plus en plus longtemps, et en pays d’Aix, dans un environnement préservé. Certes, du chemin reste à faire, pour diminuer la pollution et lutter contre le mitage périurbain, mais je suis plutôt rassuré par la manière dont nous avons collectivement pris conscience de l’urgence écologique. Depuis les années 1970, grâce notamment aux militants de l’environnement, nous avons su nous ressaisir et permettre la protection des terres et du patrimoine naturel et agricole, comme nous le faisons si bien autour de la Sainte Victoire, notre montagne si symbolique. Nous avons su faire valoir la légitimité du principe de précaution, par exemple sur le dossier des antennes relais avec l’examen en dernière lecture à l’Assemblée de la loi sur les ondes électromagnétiques à la fin du mois.

N’oublions pas, mes amis, que nous vivons dans un beau pays, regorgeant de ressources, de vitalité et d’espoirs, un pays de râleurs, certes, mais capable de se ressaisir lors des instants les plus graves, un pays entendu dans le monde entier, un pays que nombreux nous envient.

Je crois, et nous devons continuer à croire, au Progrès. Malgré les dérives qui ont pu l’accompagner, notamment dans ses conséquences écologiques et sa capacité à donner à l’humanité les moyens potentiels de sa propre destruction, le progrès reste le moteur de l’Histoire. Il est une porte sur l’avenir, il offre un espoir à nos enfants.

Nous devons avoir confiance en nous, et je garde la foi dans l’idée que nos lendemains seront meilleurs que les jours présents.

Aujourd’hui, si je dois formuler un vœu en cette nouvelle année, le progrès, pour moi, serait que nos jeunes, privés de repères, plutôt que de partir en quête de sens et d’existence dans de lointaines contrées au service d’idéologies barbares, restent parmi nous pour devenir les héros pacifiques de la République de demain.

Notre Nation souffre aujourd’hui dans sa chair, mais elle a beaucoup d’espérance à nous offrir. Soyons ambitieux, confiants, et, à vous tous, je vous souhaite de trouver votre place au sein de notre belle Communauté Nationale, égalitaire et fraternelle.

Je vous souhaite une excellente année 2015

Vive la République et vive la France !

Communiqué des Parlementaires de gauche des Bouches-du-Rhône, en solidarité avec Charlie Hebdo

Nous, parlementaires de gauche des Bouches-du-Rhône, sommes profondément horrifiés par l’attentat terroriste qui a frappé les journalistes, le personnel du journal Charlie Hebdo, ainsi que plusieurs policiers.

Nos premières pensées vont aux blessés et aux familles des victimes. Nul mot ne pourra estomper leur douleur et, ensemble, nous souhaitons leur apporter tout notre soutien et leur exprimer nos condoléances dans cette épreuve.

Notre émotion est très vive devant cette agression abominable faite à la liberté de pensée et d’expression. Derrière Charlie Hebdo, c’est la République toute entière, ses valeurs de liberté et de tolérance, qui sont visées. Loin des amalgames et avec la plus grande fermeté contre le terrorisme, tous les moyens doivent être mis en œuvre pour pourchasser et arrêter les responsables de ce crime atroce.

Nous appelons tous les républicains des Bouches-du-Rhône à manifester publiquement leur soutien et leur solidarité avec les journalistes de Charlie Hebdo.

Face à l’expression la plus ignoble de l’obscurantisme et de la barbarie, il est indispensable que le peuple français fasse bloc et se rassemble pour démontrer son unité et son attachement aux valeurs essentielles de notre démocratie.

Cérémonie de présentation de mes voeux pour l’année 2015, le jeudi 15 janvier

Chers amis,

Je vous souhaite, à toutes et tous, une bonne et heureuse année 2015.

Qu’elle vous apporte le bonheur, la prospérité et la réalisation de vos plus profondes aspirations.

Je serai heureux de vous retrouver pour la cérémonie de présentation de mes vœux le jeudi 15 janvier à 18h30, Salle Europia, 46 Bd Schumann (après la Faculté de Lettres) à Aix.