Nomination comme délégué communautaire à l’enseignement supérieur et la recherche

Après une mandature consacrée au tourisme en tant que Vice Président de la Communauté du pays d’Aix, j’ai décidé de laisser cette charge de Vice Président en raison de ma volonté de ne pas cumuler les mandats. En revanche, j’ai accepté la proposition qui m’a été faite d’assumer une délégation à l’enseignement supérieur, la recherche, l’innovation et la santé, à la CPA. Ces sujets, qui me tiennent à cœur depuis longtemps, s’inscrivent stratégiquement dans la construction et l’animation du projet de la future métropole.

Fusionnée, la nouvelle Aix-Marseille Université est devenue un acteur majeur du savoir et de la formation dans notre département. Intégrée dans les investissements d’avenir, restructurée autour de projets immobiliers de requalification d’envergure comme le plan Campus, impliquée dans le développement de filières de pointe à l’image de l’émergence du Pôle biomédical de Marseille, elle doit avoir pour vocation de structurer durablement le paysage industriel et scientifique de notre aire métropolitaine, en lien avec le monde économique et l’ensemble des acteurs de la recherche, publique comme privée.

Par conséquent, avec les questions de santé et de l’Hôpital public, le sujet de l’enseignement supérieur et de la recherche apparaît comme particulièrement stratégique pour l’avenir de notre territoire et de notre jeunesse. Je compte ainsi apporter au milieu universitaire le soutien que les pouvoirs publics se doivent de lui assurer, car il ne peut y avoir d’innovation et de richesse sans recherche ni formation.

J’ai ainsi inauguré ce mandat en accueillant la Journée de l’Enseignement des sciences de gestion, jeudi dernier au Pharo, une manifestation phare pour les disciplines du management et de la gestion.

 

Economie sociale et solidaire: la majorité défend un autre modèle de développement

L’Économie sociale et solidaire (ESS) regroupe l’ensemble des associations, coopératives et mutuelles qui développent des activités économiques à vocation sociale ou écologique. Il s’agit d’un secteur distinct de la puissance publique et de l’entrepreneuriat privé, qui s’inscrit résolument dans la solidarité. Héritière de la tradition socialiste des coopératives et mutuelles du 19e siècle, l’ESS a connu un renouveau à partir des années 1980 sous des formes innovantes, répondant aux nouveaux besoins sociaux émergents et relevant le défi du développement durable.

Aujourd’hui, elle représente en France 10% du PIB et 10% des salariés, et connaît une croissance tendancielle de son volume d’emploi (+23% d’emplois dans ce secteur depuis les années 2000).

Néanmoins, ce champ économique connaît des difficultés structurelles: disparate, fragile, éloigné du circuit bancaire, peu rentable de part son essence solidaire, mis en concurrence avec le secteur privé classique, il peine à se structurer. C’est pourquoi déjà le gouvernement Jospin avait tenté, en 2001, d’initier une démarche d’appui de la part des pouvoirs publics. Aujourd’hui, c’est une loi cadre très attendue par le secteur qui vient d’être adoptée en ce 20 mai par l’Assemblée Nationale. Ce texte vise trois objectifs: améliorer la reconnaissance du secteur, le moderniser pour le rendre plus fort, et développer son financement.

J’ai suivi de près la discussion, co-signant près de 70 amendements. Je suis heureux qu’un soutien précieux ait pu être engagé vis à vis d’un secteur d’avenir, qui démontre la possibilité de conjuguer création de richesses, solidarité, et démocratie économique.

40ème anniversaire du Ski Club de Venelles

Samedi, le Venelles Plein Air Montagne – Ski Club, organisait son 40ème anniversaire. Invité par Alain Gromier, son président, j’ai rendu hommage au travail de tous les bénévoles, qui font vivre ce club, le 2e club de ski du département en nombre de licenciés après Marseille.

Co-fondé par Pierre Morbelli, notamment, l’association fait preuve d’un grand dynamisme tout en assurant une fonction sociale de proximité. Elle permet ainsi à nombre de jeunes issus de milieux modestes de pouvoir faire des séjours alpins et s’initier au ski. Le nombre important de participants ce soir là a pu témoigner de l’ancrage important du club dans la vie du village.

 

 

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Avec Alain Gromier, Président du VPAM Ski Club

Visite de la Confiserie du Roy René

J’ai eu le grand plaisir d’être récemment invité dans les nouveaux bâtiments de l’usine de la Confiserie du Roy René, route de la Calade à Aix, par son PDG M. Maurice Farine.

A travers cette visite, j’ai pu prendre la mesure de la détermination avec laquelle M. Farine s’employait à préserver la qualité de ses célèbres calissons, en valorisant l’histoire de cette pâtisserie  tout en modernisant son processus de fabrication. La Confiserie s’emploie ainsi à planter 8 hectares d’amandiers autour de l’usine, dans le cadre d’une ferme pédagogique, pour structurer une micro-filière locale autour de l’amande de Provence, dans la mesure où aujourd’hui les amandes sont avant tout importées de Californie (700 000 tonnes produites par an) ou d’Espagne (60 000t), et non de notre région (40t).

Par ailleurs, la capacité de l’entreprise à automatiser sa production lui a permis de développer de nombreux emplois par l’ouverture de nouveaux marchés et la baisse de ses prix. Aujourd’hui, la Confiserie recrute et innove en permanence autour de nouveaux produits, tout en restant fidèle à son histoire presque centenaire. Elle est également performante à l’exportation, et s’appuie sur l’identité provençale pour contribuer à la montée en gamme des ressources de notre terroir. Le bâtiment est entièrement construit en pierre de Rognes, et souhaite devenir le premier édifice à respecter les normes du Bâtiment Durable Méditerranéen.

Enfin, l’usine a ouvert un espace pédagogique pour retracer la genèse de la fabrication du calisson, avec de nombreux ateliers interactifs, qui devraient attirer plusieurs milliers de touristes.

Outre une pause pâtissière bienvenue dans un agenda parlementaire soutenu, cette visite fut non seulement instructive, mais me laisse une nouvelle fois impressionné par le potentiel économique et innovant des entreprises du pays d’Aix, notamment dans le secteur de l’agro-alimentaire, si l’on sait s’appuyer sur les richesses agricoles et identitaires du pays d’Aix.

 

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Ondes électromagnétiques: une étude récente doit nous inciter à la précaution

J’ai pris connaissance avec beaucoup d’intérêt d’une étude récente relative aux conséquences d’un usage intensif du portable. Certes, une étude seule ne peut prétendre à l’exhaustivité scientifique, mais les conclusions de cette recherche, ajoutées à d’autres, nous indiquent une nouvelle fois l’absence de consensus scientifique sur l’impact des ondes sur la santé des individus.

C’est pourquoi il est nécessaire de poursuivre nos efforts pour adopter une démarche de précaution en renforçant notre cadre législatif sur cette question. Malgré le vote en 1ere lecture en janvier à l’Assemblée d’une proposition de loi – que j’avais considérée comme très timorée – trop de questions restent en suspens. Je pense notamment à la nécessité de protéger les jeunes enfants des sources de rayonnement électromagnétiques et d’éviter de leur part un usage trop précoce des téléphones portables.

 

Alerte sur l’usage intensif du portable

 

LE MONDE | • Mis à jour le | Par Paul Benkimoun

 

Une étude pointe le risque accru de tumeurs cérébrales pour les utilisateurs intensifs du portable, c'est-à-dire ceux qui passent une demi-heure par jour au téléphone.

L’usage intensif des téléphones portables pourrait favoriser la survenue de tumeurs cérébrales bénignes ou malignes. Une étude publiée dans la revue Occupational and Environmental Medicine vendredi 9 mai et réalisée par des chercheurs français établit l’existence d’un lien chez les utilisateurs intensifs.

 

Gaëlle Coureau (Institut de santé publique, d’épidémiologie et de développement, université de Bordeaux) et ses collègues ont mené une enquête épidémiologique dans quatre départements – Calvados, Gironde, Hérault et Manche – pour examiner le rôle des facteurs liés à l’environnement et au travail dans la survenue de tumeurs primitives du système nerveux central (SNC) chez l’adulte.

Ils ont utilisé les données de 447 personnes atteintes de tumeurs bénignes ou malignes du SNC (253 gliomes et 194 méningiomes), diagnostiquées entre juin 2004 et mai 2006. Ces données ont été croisées avec celles d’un effectif deux fois plus important de sujets pris au hasard dans la population.

Il n’y a pas de différence statistiquement significative entre utilisateurs et non-utilisateurs de mobile. En revanche, une association positive avec le développement de gliomes ou de méningiomes a été identifiée chez les personnes ayant téléphoné au moins 896 heures au cours de leur vie ainsi que, pour les gliomes uniquement, chez celles ayant accumulé plus de 18 360 communications.

CONTROVERSES

Les auteurs reconnaissent que leur étude ne permet pas de définir un niveau de risque d’apparition de tumeurs. Mais l’association Priartem, qui milite contre les dangers des radiofréquences, souligne que l’usage intensif tel que le définit l’étude (plus de 896 heures cumulées) correspond à plus de 15 heures par mois, « c’est-à-dire une demi-heure par jour, ce que dépassent aujourd’hui largement de très nombreux utilisateurs, et notamment les plus jeunes ».

Les effets délétères possibles du téléphone mobile font l’objet de vives controverses. L’étude internationale Interphone avait mis en évidence en 2010 l’augmentation des gliomes (tumeurs pouvant être bénignes ou malignes) chez les sujets étudiés ayant cumulé la plus grande durée d’utilisation (au moins 1 640 heures) au cours de leur vie. Les études de l’équipe suédoise de Lennart Hardell sont aussi allées dans le sens d’un tel effet. Mais la méthodologie de ces différents travaux ne fait pas l’unanimité. A l’inverse, d’autres équipes n’ont pas conclu à l’existence d’une telle association, mais leur financement par les opérateurs de téléphonie a semé le doute.

Au-delà de ces débats, la démonstration de la nocivité des portables est compliquée par plusieurs facteurs. L’utilisation du téléphone mobile est une pratique récente. Les appareils ont changé, émettant moins de radiofréquences, mais le nombre d’utilisateurs a explosé et l’usage intensif, notamment chez les jeunes, est plus répandu. La lenteur du développement de certaines tumeurs cérébrales, comme les méningiomes, ne permet pas encore une réponse complète avec certitude.

Paul Benkimoun
Journaliste au Monde

Anniversaire de la disparition du Général Rollet

Noëlle Ciccolini-Jouffret a participé en mon nom aux cérémonies annuelles de commémoration, à Aix, de la disparition du Général Rollet, le “père” de la Légion Etrangère.

Il s’est notamment distingué lors de la 1ere Guerre mondiale, en remportant de nombreuses batailles à la tête de son régiment.

Cet événement constitue une manifestation importante pour la Légion, dont le 1er Régiment Étranger est stationné à Aubagne. Étaient également présents les représentants de l’Institut des Invalides de la Légion de Puyloubier, que je visiterai ce mois ci pour les festivités marquant le 60e anniversaire de l’établissement.

 

Prix Albert Londres: le journalisme de proximité récompensé

Cette année, le prestigieux prix Albert Londres du journalisme a été décerné à M. Philippe Pujol, du quotidien local “la Marseillaise”, pour une série d’articles consacrés aux problèmes qui minent la vie des habitants des quartiers Nord de Marseille.

Il est extrêmement rare que la Presse Quotidienne Régionale soit récompensée par ce prix qui privilégie d’ordinaire les reportages d’envergure plus nationale ou internationale. Je m’en félicite, car il s’agit d’une reconnaissance de la richesse du travail journalistique de proximité, dans un contexte où celui-ci est particulièrement mis à mal par les tensions financières qui agitent le monde de la presse écrite.

A cet égard, ce prix récompense également un titre historique, fondé en 1943, qui, malgré ses difficultés, s’efforce de maintenir l’intégrité de sa ligne éditoriale et de ses valeurs.

L’UFAC a tenu son Assemblée Générale au Lycée Militaire

Noëlle Ciccolini-Jouffret m’a représenté lors de l’Assemblée Générale annuelle de l’Union Française des Anciens Combattants présidée par mon ami Pierre Arboré. J’ai appris avec beaucoup de plaisir que l’UFAC avait décidé, à cette occasion, de donner une décoration symbolique à la vice-présidente de la région et conseillère municipale Gaëlle Lenfant, pour sa fidélité envers l’association et la mémoire des anciens combattants et résistants.

Dans la cour du Lycée Militaire, Mme Ciccolini-Jouffret a ensuite déposé une gerbe en mon nom lors d’une cérémonie organisée avec les anciens combattants et les jeunes élèves du Lycée.

 

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Interview de Michel Rocard: “Hollande et Valls complémentaires”

Chers amis,

je souhaitais relayer sur mon blog une interview particulièrement riche et intéressante de Michel Rocard, parue dans la Provence du 4 mai, sur les enjeux nationaux et européens qui attendent la gauche française.

 

Michel Rocard : “Hollande et Valls complémentaires”

Publié le Dimanche 04/05/2014 à 17H30

Quelques jours après le vote qui a vu l’abstention de 41 députés socialistes à l’Assemblé nationale, Michel Rocard revient sur la division de la gauche. Il dit également tout le bien qu’il pense de Manuel Valls qui avait été, au début de sa carrière politique dans les années quatre-vingt, son attaché parlementaire. Il espère que l’Europe va se débarrasser de la tutelle des banques et va adopter une politique de relance économique. 

Avez-vous été surpris de constater à quel point la gauche s’est divisée à l’Assemblée nationale ?
Michel Rocard : Vous allez me faire pleurer ! La gauche française est divisée depuis 1920 ! Elle est marquée par le marxisme. La France est le seul pays d’Europe où le Parti socialiste s’est transformé en Parti communiste en 1920, sauf 20 % de minoritaires qui ont suivi Léon Blum. Parce que le Parti communiste français s’était développé, le PS pour constituer une force électorale, sauf à l’époque de Guy Mollet, a veillé à utiliser un langage communisto-compatible. Un discours anticapitaliste, favorable aux nationalisations, à l’économie administrée. Un discours que les autres socialistes européens ne tenaient plus, parce que, eux, cherchaient à réformer le capitalisme. Le problème est que cet état d’esprit subsiste aujourd’hui en partie.

Ça date de 1920 ! Presque 100 ans ! C’est incurable ?
M.R. : Ça finira par être surmonté. La preuve, au sein du PS, la majorité est maintenant du côté de ceux qui admettent qu’on est dans une économie de marché et qu’il faut faire avec. Mais il reste encore des frustrés, pour une partie au PS, plus le PC et la gauche de la gauche.

Manuel Valls dit vouloir moderniser la gauche. Vous êtes d’accord avec lui ?
M.R. : 
Bien sûr. Il veut dire qu’il faut l’adapter au monde dans lequel nous sommes. Admettre qu’il n’y a plus de perspectives révolutionnaires, qu’il faut donc faire évoluer le système pour diminuer l’injustice et créer de la stabilité.

Vous avez dit avoir été ébloui par son discours de politique générale. À ce point ?
M.R. : Vous forcez un peu le trait. Mais, c’est vrai, j’ai été admiratif de son talent. Il est ferme et il représente bien ces courants du PS qui sont convaincus qu’il faut s’atteler à améliorer le système capitaliste.

Manuel Valls peut gouverner avec une majorité relative ? Premier ministre, vous avez connu cette expérience. C’est compliqué !
M.R. : Ça veut dire que toute proposition nouvelle doit être négociée.

Il faut câliner les députés ou au contraire les brutaliser ?
M.R. : Les deux termes sont excessifs. On n’est pas dans l’affectif. La crise économique mondiale, le désordre financier mondial, auxquels s’ajoutent des facteurs franco-français, provoquent beaucoup de victimes. Il n’est pas malsain qu’une force parlementaire le rappelle pour que ce soit pris en compte.

Comment faire pour s’assurer qu’il n’y aura pas de vote négatif ?
M.R. : Il n’y a jamais d’assurance en politique.

Quelle est la définition de la gauche aujourd’hui ?
M.R. : Elle n’a pas changé depuis sa vraie naissance, qui est en gros la Révolution française. C’est la volonté de combattre l’existant pour essayer d’améliorer la condition de la personne humaine, d’abord en droits, et ensuite dans le domaine économique. Mais dans cette perspective, la doctrine marxiste a amené une rationalisation abusive, qui voulait tout casser et qui ne marche pas. La France pâtit d’avoir encore trop de gens sous l’influence de ce courant de pensée. Par exemple, elle est le seul pays développé où on n’enseigne pas l’économie, ni à l’école, ni au collège, ni au lycée !

Est-il possible d’avoir une gauche qui s’arrache à ses illusions, comme dirait Manuel Valls, pour accepter de gouverner, quitte à renoncer à quelques-unes de ses utopies ?
M.R. : C’est tellement possible que ça a déjà existé…

… Avec vous. Mais pas longtemps !
M.R. : Quand Fabius a succédé à Mauroy en 1984, c’était pour corriger les dégâts qui résultaient des premières années de la présidence Mitterrand. Par la suite, j’ai fait un peu plus. Mais hélas, le fantasme d’une économie administrée persévère encore. Eh bien, il faudra faire avec.

Manuel Valls a été jusqu’à écrire qu’il faut en finir avec le nom de socialisme parce c’est devenu un mot prison qui empêche d’avancer !
M.R. : Manuel a parlé en franco-français. Je le comprends très bien. Il évoque cette tradition paralysante d’une partie de la gauche qui, faute d’accepter le monde économique tel qu’il est, ne réfléchit pas à la manière de l’améliorer. Mais il ne faut pas oublier pour autant le socialisme de pratique scandinave ou allemande.

Quand en 1977, vous avez lancé le concept de deuxième gauche, vous avez dit accepter l’économie de marché, mais refuser de vous soumettre à son mode de fonctionnement. Sauf que la mondialisation a fait que l’économie de marché a pris le dessus. Votre croyance selon laquelle on peut l’améliorer a été balayée !
M.R. : Je ne peux pas accepter cette tirade. Ça ne s’est pas passé comme ça. Il y a eu des très gros succès : le RMI en est un. Il y a moitié moins de pauvreté en France qu’aux USA ou en Angleterre. Avec Reagan et Thatcher, ce n’est pas l’économie de marché qui s’est imposée. C’est la finance qui a pris le pouvoir sur l’économie. C’est un dérèglement terrible. La plupart des chefs d’entreprise vous le diront : l’instabilité et la spéculation tuent l’économie réelle. Le combat d’aujourd’hui consiste à mettre fin à cette domination.

Aussi bien Nicolas Sarkozy que François Hollande l’ont dit, mais ça n’a rien changé !
M.R. : Ça n’a de sens que mondialement. Mais la France est un pays influent, qu’on écoute. Il pourrait y avoir une exemplarité française. Mais elle a été rendue impossible par le poids de la banque. Le pouvoir public et nos députés se sont laissés museler.

La puissance financière domine l’Europe aujourd’hui. Nos partenaires européens l’acceptent !
M.R. : La puissance financière mondiale, c’est 750 000 milliards de dollars. La crise des dettes souveraines en Europe n’en représente que le dixième. Ça montre à quel point la zone européenne est petite. Il faudrait pourtant qu’elle montre le chemin. Mais nos banques n’ont pas laissé faire pour le moment.

Auriez-vous voté le programme de stabilité ?
M.R. : Nous vivons deux crises à la fois. L’une est institutionnelle. Nous avons des obligations budgétaires parce que nous appartenons à la zone euro. Ces obligations, Madame Merkel tient à leur respect parce qu’elle défend les intérêts allemands et une conception traditionnelle des choses. L’autre crise n’est pas seulement européenne, elle est mondiale. Le logiciel capitaliste s’est effondré. Et parce que nous maintenons l’austérité, Joseph Stiglitz et Paul Krugman, prix Nobel d’économie, lancent des SOS. Ils nous disent qu’il faut vivre avec du déficit et ne pas aggraver la récession. Alors oui, à l’Assemblée, j’aurais voté le programme de stabilité, mais avec une recommandation : “Ouvrez la bataille intraeuropéenne sur la doctrine économique“.

Vous êtes très alarmiste. “Si on continue, on pourrait avoir un nouveau Hitler”, avez-vous déclaré !
M.R. : Je n’ai pas dit cela ainsi, mais pas loin. En tout cas, les crises produisent des gouvernements fascistes. En Grèce, aucun parti ne peut gagner une élection en promettant de respecter les clauses. J’attends avec intérêt le moment où la communauté européenne n’aura en Grèce, comme interlocuteur, que le chef d’état-major des armées, pour savoir comment on maintient l’ordre public, dans un pays qui ne peut plus s’en sortir ni faire d’élections.

Il faudrait faire sauter l’Europe ?
M.R. : Sûrement pas. Parce que stratégiquement, on en a besoin. Voilà pourquoi, malgré l’étranglement, j’aurais voté les mesures budgétaires en question. Mais il est prudent de dire, premièrement qu’elles ne peuvent pas ne pas avoir d’effet récessif, sinon un gros effet récessif, et deuxièmement que les keynésiens ont raison.

Vous aviez dit : “L’hypothèse de croissance sur laquelle se fonde François Hollande n’est pas plausible”. Vous l’aviez même jugé “effrayante”.
M.R. : Je l’ai dit dès la campagne électorale. Je considère même que cette erreur a aggravé la situation en ce qu’elle est créatrice de malentendus. Il ne fallait jamais promettre ça. Mais, ce n’est même pas Hollande qui l’a écrit ou imaginé, C’était la commission économique du PS, pour éviter d’être des Cassandre, afin de gagner les élections. Mendès-France disait : “Il faut parler vrai au peuple”. C’est ma thèse.

Le pacte de responsabilité de François Hollande peut réussir ?
M.R. : Probablement oui, pour plusieurs raisons. L’Allemagne a réussi à imposer une politique de récession en Europe. Du coup, ses exportations baissent. Vous avez remarqué également que les États-Unis viennent à leur tour d’afficher un trimestre de stagnation, une croissance zéro. L’économie mondiale va mal. Le champ est ouvert pour une mise en cause scientifique, médicale, des mauvaises prescriptions. La banque allemande s’y raccroche encore. Mais l’industrie allemande commence à faire savoir qu’elle en a peur.

Donc, pour vous, François Hollande est sur la bonne voie ?
M.R. : Oui, même si je reproche un peu à François d’avoir joué tout seul. Nous avons des intérêts massivement convergents avec ceux de l’industrie allemande et des syndicalistes allemands contre l’excessive tutelle bancaire qui pense faux. L’Espagne, l’Italie, le Portugal, partagent le même avis. La situation devrait se débloquer.

La popularité de Manuel Valls ne va-t-elle pas finir par gêner François Hollande qui veut être réélu ?
M.R. : Je n’en sais rien et je m’en moque un peu. C’est une manière de poser la question de court terme. Voyez-vous, pendant 50 ans, personne n’a jamais fait l’addition des deux sondages de popularité, président + Premier ministre. François Mitterrand et moi, nous formions probablement le couple Président/Premier ministre qui s’est le plus mal entendu. Mais nous, à titre privé, on faisait l’addition et notre binôme battait tous les records. François et Manuel peuvent faire de même et trouver entre eux deux une complémentarité plutôt qu’une dualité.

Vous faites abstraction de la rivalité qui les oppose ?
M.R. : Je ne l’exclus pas du tout. Moi, j’ai entendu 25 fois François Mitterrand me dire, en tête à tête, “Écoutez, là-dessus je ne suis pas d’accord avec vous, mais je reconnais que le problème est de compétence gouvernementale et pas de compétence présidentielle. Faites comme vous l’entendez, c’est la tâche du gouvernement”.

Tout de même, la politique n’est pas un univers de premier communiant. D’ailleurs, Manuel Valls se souvient que vous lui aviez dit au début de sa carrière : “La politique, c’est souvent sale et ça ne sert pas à grand-chose !”
M.R. :
Je ne pense avoir dit “ça ne sert pas à grand-chose”, parce que c’est toujours la politique qui a fait la paix ou la guerre. Des tensions économiques non maîtrisées peuvent conduire n’importe où. Je suis d’un pessimisme assez profond, c’est vrai. Mais à la question de savoir si François Hollande et Manuel Valls peuvent trouver une complémentarité, je pense que oui, parce que la pression des contraintes qu’ils ont sur le dos est énorme. Et donc ça devrait être possible.

Vous pensez vraiment que François Hollande est l’homme de la situation ?
M.R. : Il est l’homme de la situation parce qu’il n’est pas remplaçable avant trois ans. On fait avec. Je voudrais ajouter que François Hollande est intelligent. Et donc à tout ça, il réfléchit au moins autant que nous en ce moment. Il ne va pas de nouveau changer de Premier ministre dans son quinquennat. Il a donc besoin de trouver cette compatibilité, cette complémentarité surtout, avec Manuel Valls.

Peut-il dissoudre l’Assemblée ?
M.R. : Pour refiler la patate chaude à Copé ? Mais ça ne changerait pas grand-chose. La crise qui mine le monde entier se situe dans la haute finance. Elle a intérêt, elle aussi, à limiter les dégâts. En 2008, l’intervention de la puissance publique avec les garanties données aux banques, a arrêté la déflagration. Mais on n’a rien fait depuis. Les capacités spéculatives se sont accrues. Donc, ça peut recommencer. Par rapport à ça, je crois qu’il est moins dangereux d’avoir au pouvoir une force des députés qui ne sont pas inspirés par le pouvoir bancaire ou le pouvoir de l’argent de manière dominante. Remettre le milieu financier au pouvoir à travers sa domination sur une force politique me paraît aggraver le danger. Donc je ne suis pas pour la dissolution.

Disparition de Jacques Jougounoux

Au début du mois, notre ami Jacques Jougounoux nous a quitté, laissant sa famille, son épouse et ses trois enfants dans le deuil.

Jacques était un homme d’engagement irréprochable, au service de l’intérêt général et des collectivités qu’il avait servies avec loyauté et compétence. C’était un militant profondément attaché aux valeurs de solidarité et d’humanisme, qui détestait les oppositions stériles et caricaturales qui minent régulièrement les débats politiques. En revanche, nous pouvions toujours compter sur lui pour mener à bien une idée, un projet, un engagement.

J’ai d’ailleurs à son égard une lourde dette. En 2012, alors que bien peu pensaient que la gauche pouvait emporter la 14ème circonscription des Bouches-du-Rhône, il avait accepté sans hésiter de devenir mon directeur de campagne aux élections législatives. De cette période je garde de lui l’image d’un homme d’une rare rectitude et loyauté, qui savait affronter les tempêtes avec un rare stoïcisme et maintenir le cap sans faillir. Ma victoire lui doit beaucoup.

Sa disparition nous laisse très tristes, tant ses lumières sur la situation de la France et de notre région nous seraient précieuses en ces temps de crise et d’incertitude. Merci à toi, Jacques, pour ce bout de chemin que nous avons parcouru ensemble.