Loi de Programmation Militaire : enfin un nouveau cap stratégique pour la Défense nationale!

Chers amis,

Je suis intervenu mercredi soir dans l’hémicycle, lors de la discussion générale, pour soutenir la future Loi de Programmation Militaire 2014-2019.

J’estime en effet que le Président de la République a compris, contrairement à son prédécesseur, que la politique de défense devait changer de cap stratégique pour faire face aux nouvelles menaces émergentes. L’enjeu principal n’est désormais plus uniquement de consolider des bases armées sur le territoire national, mais d’assurer à notre pays la capacité militaire et technologique suffisante pour se projeter internationalement contre le terrorisme ou le cyber piratage.

C’est pourquoi, après des années de retard et d’atermoiements, le Ministre Jean-Yves Le Drian prend enfin les décisions indispensables au renforcement de nos capacités d’intervention.

Les grands programmes de recherche, comme le développement des drones, le renseignement, ou la cyber défense, oubliés par l’ancienne majorité, sont aujourd’hui assurés. L’acquisition de moyens modernes d’intervention, comme les frégates FREMM, le drone Reaper ou l’A400M, est clairement lancée.

Cette mobilisation stratégique s’inscrit dans le cadre de crédits revus à la hausse et stabilisés pour les 5 prochaines années, mettant fin à la spirale du déclin budgétaire qui prévalait jusqu’à présent. Réduit à 31,2 milliards d’euros auparavant, le budget du Ministère est rehaussé à 31, 4 milliards.

Dans mon intervention, j’ai salué cet effort, en insistant particulièrement sur l’augmentation des crédits de recherche technologique, indispensables pour préparer l’avenir et développer une industrie d’excellence et innovante.

 

Retrouvez la vidéo de mon intervention en séance

Le texte de mon intervention en séance

Séjour en Macédoine (3): les sentiers de la Mémoire

Dans mon billet précédent, je vous avais relaté ma participation aux cérémonies officielles organisées dans divers cimetières militaires du pays à l’occasion des commémorations du 11 novembre. Outre ce travail de représentation et de soutien aux actions menées par l’Ambassade et les autorités diplomatiques, je me suis également rendu en Macédoine pour appuyer les efforts remarquables engagés par l’Union Nationale des Combattants, et notamment son président dans les Bouches du Rhône, le Colonel Michel Richaud, et, à Skopje, par le Cercle Francophone et son président, Blagoj Zasov, ancien ambassadeur.

Ces deux associations s’efforcent de faire vivre la mémoire historique des grands lieux de conflits et de sépulture datant de la 1ere guerre mondiale, de repérer et signaler les zones de combat où reposent encore des dépouilles françaises, de travailler avec des archéologues et des historiens pour retrouver des vestiges et les valoriser au travers de chemins de mémoire, de pose de stèles, et du projet d’ouverture d’un musée. Ce travail s’inscrit en parfaite cohérence avec la mission du centenaire de 14-18 lancée en novembre par le Président de la République pour présenter le programme de commémorations anniversaires de la date d’entrée en guerre de la France.

Je saisirai très prochainement la commission de la défense et le Ministre des Anciens combattants, Kader Arif, pour que le travail de valorisation de la mémoire nationale mené en Macédoine soit reconnu et soutenu par les autorités françaises. J’ai été très sensible et très impressionné par cette entreprise méticuleuse et passionnée déployée par nos anciens combattants, que je souhaite aider avec le même enthousiasme.

 

 

 

L’Ambassadrice Laurence Auer et le Vice Président de l’UNC Gérard Colliot commentent l’un des trop rares ouvrages en français consacrés au conflit en Macédoine. Ici, “les Burnous bleus dans les balkans”, éclairent le rôle joué par les combattants issus des anciennes colonies françaises en Afrique

 

 

Mme Auer, M. Colliot, et M. Daniel Melliès de l’UNC avant la pose d’une plaque commémorative consacrée aux combattants indochinois du Front d’Orient

 

 

 

M. le Consul de France à Thessalonique, Christophe Le Rigoleur, M. Michel Richaud, MM. Melliès et Colliot

 

 

La nécropole française de Thessalonique, avec le Colonel Richaud

 

Séjour en Macédoine (2): la Mémoire du Front d’Orient

La raison principale de mon séjour en Macédoine réside dans ma volonté de rendre hommage aux poilus de l’Armée d’Orient qui, entre 1915 et1918 (voire même au delà), se sont battus sur le front des Balkans. Malgré son importance et le nombre de combattants engagés (300 000 Français), malgré les lourdes pertes subies dans cette région (70 000 morts) et le traumatisme qu’engendra cet atroce bilan humain, ce front reste très largement oublié au sein de la Mémoire nationale, principalement centrée sur l’enfer des tranchées et les batailles vécues sur notre sol à Verdun ou dans la Marne.

Il est temps, pour la France, de se souvenir activement des morts de 14-18 tombés en Macédoine (où est restée fixée durant des années la ligne de front jusqu’à la percée finale et la libération de la Serbie) et en Grèce (où se situait, à Thessalonique, l’arrière base française).

C’est pourquoi j’ai participé aux nombreuses cérémonies du 11 novembre rendues en Macédoine la semaine dernière, aux côtés des autorités françaises et de Mme l’Ambassadrice Laurence Auer. J’ai été très ému par la découverte d’immenses nécropoles oubliées où reposent des milliers de dépouilles de soldats français, que ce soit à Thessalonique (8000 tombes) ou Bitola (6000 tombes).

Outre ce travail de mémoire que je souhaite valoriser auprès du gouvernement français (ce sera l’objet d’un prochain billet), j’ai également été très sensible au message symbolique porté par les autorités diplomatiques françaises et allemandes. Ainsi, au cimetière français de Bitola, Mme l’Ambassadrice allemande, Gudrun Steinacker, a prononcé un discours en français tandis que Mme Auer fit de même en allemand au cimetière allemand de Prilep. Alors que dans cette région les nationalismes et les antagonismes historiques restent vifs, l’exemple de la réconciliation franco-allemande peut servir de modèle pour le dépassement des haines au profit de la paix et de la coopération des peuples.

 

Discours de Mme Auer à Prilep

Discours de Mme Steinecker à Bitola

 

 

Hommage au monument aux morts de la nécropole de Thessalonique (Grèce).

Cette ville fut le théâtre du débarquement de l’expédition de Salonique, et accueillit le camp de base français durant toutes ces années. 8000 soldats y reposent dans un cimetière parfaitement entretenu par le Consulat de France et son Consul, M. Christophe Le Rigoleur, que je remercie pour son accueil

Des tombes à perte de vue: la nécropole de Thessalonique

Au cimetière serbe de Bitola, avec le capitaine Beau de la KFOR et le Colonel Michel Richaud de l’Union Nationale des Combattants.

Pour la première fois, l’Ambassade française a décidé de participer aux cérémonies de commémoration dans le cimetière serbe, afin d’avancer sur le chemin de la paix

 

Au cimetière français de Bitola, avec la délégation de l’Union Nationale des Combattants.

Une partie du cimetière de Bitola

 

Modèle de tombe au cimetière français de Bitola. Ici, la croix a été supprimée et un croissant apposé pour respecter les convictions religieuses du soldat, venant d’Afrique du Nord. Plus d’un tiers des combattants du front d’Orient étaient issus des anciennes colonies d’Afrique, notamment les compagnies de spahis, les cavaliers marocains. Nombreux sont ceux qui sont tombés pour la France, et saluer leur mémoire représente, pour moi, un devoir moral catégorique.

 

 

Mme l’Ambassadrice Auer lit son discours en allemand au cimetière allemand de Prilep

 

Sous les yeux de la communauté française, hommage aux morts du cimetière français de Skopje, en compagnie du capitaine Beau, de M. Gérard Colliot et du Colonel Richaud, de l’UNC

La délégation française a également participé aux cérémonies rendues au cimetière britannique de Skopje

Séjour en Macédoine (1): Quelles perspectives politiques pour le pays

Chers amis,

je suis rentré lundi d’un séjour de quelques jours en République de Macédoine, où j’ai accompagné une délégation de l’Union Nationale des Combattants, sur la question de la mémoire des soldats français tombés sur le Front d’Orient entre 1915 et1918. Je reviendrai sur ce très beau sujet ultérieurement, car je souhaite ouvrir cette série de billets en abordant la situation politique de la Macédoine en lien avec son environnement régional et européen.

Ce pays, indépendant dès 1991, n’a pas connu les horreurs de la guerre civile yougoslave, mais se retrouve pourtant très proche des enjeux qui agitent les pays de la région. Mosaïque de cultures (slaves, roms, turcs, albanais…), il a su plutôt habilement gérer les tensions multiculturelles internes en octroyant de larges droits aux diverses populations, malgré une crise armée de quelques mois en 2001. Aujourd’hui, ce pays relativement pacifié désire ardemment s’ouvrir vers l’Europe et le Monde en intégrant l’Union Européenne et l’OTAN.

Lors d’un dîner organisé par Mme l’Ambassadrice, Laurence Auer, dont je remercie l’accueil chaleureux, en présence du président de la commission défense, le député Valdimir Gjorchev (VMRO, majorité), et du député de l’opposition social démocrate Emilijan Stankovic (SDSM), j’ai pu discuter longuement des aspirations des élus macédoniens, toutes tendances confondues, à la reconnaissance internationale, à la paix et la sécurité.

Or, aujourd’hui, la situation est bloquée du fait du différent historique qui oppose la Macédoine et la Grèce, cette dernière revendiquant l’intégralité nationale de l’héritage de la Macédoine antique, que la République de Macédoine voudrait s’approprier. Cette tension se cristallise sur le nom du pays, la Grèce refusant de reconnaître le nom de Macédoine et apposant son veto à l’avancée de l’intégration de la Macédoine au sein des institutions internationales.

Lors de mes rencontres ultérieures avec la communauté française dans la capitale, Skopje (cf photo à la une) ou dans la ville de Bitola (cf photo ci dessous), j’ai ressenti la même aspiration à la reconnaissance de ce petit pays des Balkans, qui se situe pourtant au carrefour de nombreuses histoires.

Pour ma part, j’ai défendu l’idée que la paix, réalité fragile et récente dans la région, ne pouvait se construire que par la coopération de tous avec tous. Il m’apparaît ainsi indispensable de dépasser les oppositions historiques et nationalistes, tant du côté grec que macédonien, pour pouvoir renforcer les relations entre pays des Balkans et les intégrer au sein d’un cadre international sécurisant, de manière à contribuer à la stabilité de la région. J’ai donc affirmé auprès de mes interlocuteurs ma disponibilité à aider, en sensibilisant les autorités françaises, à ce qu’un accord puisse être trouvé pour rompre le sentiment d’isolement dont souffrent les macédoniens.

 

Avec la communauté française de Bitola, lors d’une réception organisée par Mme l’Ambassadrice Laurence Auer

Séjour en Macédoine sur les traces de l’Armée d’Orient

Chers amis,

je partirai demain vers Skopje, capitale de la Macédoine, jusqu’à la fin de la semaine, pour soutenir un projet mémoriel qui me tient à coeur et participer aux commémorations liées à la campagne de l’Armée d’Orient durant la guerre de 14-18. Accueilli par l’Ambassade française, je serai présent, aux côtés des autorités, dans les cimetières militaires de Skopje, Salonique, Bitola et Prilep pour saluer la mémoire des poilus qui se sont battus sur le front des Balkans, contribuant au même titre que les combattants des tranchées de Verdun à la victoire finale.

Je soutiendrai également, aux côtés du Colonel Michel Richaud, ancien officier de la KFOR en Macédoine et président de l’Union Nationale des anciens Combattants des Bouches du Rhône, le projet Tikves 1915 que mène l’UNC et leurs amis macédoniens, qui vise à organiser des fouilles pour retrouver les vestiges humains et matériels des combattants de cette époque, et les valoriser au travers d’un Musée et l’installation de stèles commémoratives.

300 000 soldats français se sont engagés dans l’Armée d’Orient entre 1915 et 1918. 70 000 hommes ont péri dans les Balkans, et leur souvenir s’est peu à peu étiolé au sein de la Mémoire nationale. Le devoir de la République est de leur rendre hommage, ce que je ferai comme élu de la Nation. Avec l’accord de la Présidente Patricia Adam, je représenterai lors de ces cérémonies la Commission de la Défense et des forces armées de l’Assemblée Nationale.

Je vous donnerai plus de détails sur ce séjour dès mon retour.

LFoundry: la mobilisation s’amplifie

J’étais mercredi à LFoundry Rousset, aux côtés de plusieurs centaines de salariés qui avaient organisé un débrayage et une conférence de presse devant l’usine. Au vu de la situation dégradée de l’entreprise, les syndicats ont une nouvelle fois exprimé, avec raison, leurs plus vives craintes quant à une possible liquidation judiciaire de LFoundry ou la menace d’un plan social conséquent. Outre Jean-Louis Canal, maire de Rousset et conseiller régional, qui a annoncé son intention d’entamer une grève de la faim, de nombreux élus de la CPA et de l’ouest du Var, dont le maire de St Maximin, étaient présents pour soutenir le personnel.

Pour ma part, j’ai de nouveau souligné la responsabilité historique de la direction de l’entreprise et sa gestion sans vision, ni stratégie, qui conduit aujourd’hui LFoundry à dépendre exclusivement des niveaux de commande d’Atmel, en ne proposant que des produits obsolètes malgré les efforts des salariés pour certifier de nouvelles technologies plus modernes.

Dès la fin du rassemblement, j’ai contacté le cabinet du Ministre Arnaud Montebourg pour l’informer de la situation. En retour, une délégation de salariés et d’élus sera reçue au Ministère dès mardi prochain, le 5 novembre, pour faire le point sur les démarches engagées depuis plusieurs mois par le gouvernement pour permettre à LFoundry de retrouver un projet industriel cohérent lui permettant d’assurer structurellement sa pérennité.